Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Dominique Vaillier

Dominique Vaillier


la page Mirondella


Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".

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DOMINIQUE VAILLIER : LE FURTIF ET LE FUYANT

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les visages et les silhouettes des gravures de Dominique Vaillier  sont comme incertains ou plutôt décalés. Leurs lignes - interposées ou faufilées - deviennent des frontières fragiles. Le maillage créé ouvre au trouble ce qui dans tout dessin est normalement impassible. L'affect ne s'y déploie que sous la forme de la retenue. Chaque œuvre est une sentinelle immobile mais égarée. Les semis de gris sombre ou parfois plus légers deviennent les indices de l'émotion. La lumière s’exhale à peine. Tout est contenu mais se déploie. Le monde est réincarné sous l'effet du décalage. Mais sans tomber dans la caricature ou le symbole.

Dominique Vaillier restitue donc une fugacité. On en discerne l’essence et la fragilité. L'artiste semble  sonoriser l’air et les éléments qu’elle déconstruit pour le recomposer. Une enfant emmaillote de ses bras son chat. Il faut au regard un temps pour que celui-là les réunissent : tous les détails qui composent la gravure réclament une attention et chassent progressivement le savoir au profit de l’union. D'autres présences créent une énergie légère, aérienne et cèdent peu à peu la place à la précision dont l’avenir, le seul, est une ressemblance doublée d’une fascination. Le dessin ne veut peut-être pas cette fin. Il désire avant tout ouvrir une fenêtre.

Mais  travers le monde que l’artiste fait entrer, les êtres ne sont jamais dénué d'une certaine détresse, d'une certaine solitude. Toutefois Dominique Vaillier sait combien la conscience n’aime pas se dissoudre, se confondre dans une relation précise. Il y a là des trajets et des contre trajets, l’histoire d'une l’histoire inconnue. Tout est là non seulement dans l’étendue mais dans le silence des yeux. Un « là » immense et intime. Ferme et fluctuant. Furtif et évident.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.