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Pierre-Paul Feyte
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par Bernadette MORA
Il y a quelques années, cherchant des images sur Lectoure, je suis tombée sur une très belle photo de cette jolie petite ville. Si je me souviens bien, j’ai envoyé un courriel de félicitations à l’auteur de ce cliché. Par la suite je l’ai invité au vernissage de mon exposition au Casino de Castéra-Verduzan, auquel il s’est rendu, ce que j’ai bien apprécié. Depuis nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, et j’ai eu l’occasion de voir ses superbes photos lors d’expositions au château de Monluc, dans lequel il joue le rôle de guide touristique, et présente les vins du domaine. Pierre-Paul Feyte est né en 1969 en Allemagne, à Reutlingen ; mais c’est dans le Var, où il a passé des jeunes années près de la nature, qu’il ressent déjà, à l’âge de sept ans, de la fascination pour le ciel, les étoiles… et tout ce qu’il y observait. Son premier appareil photo, un Pentax ME super, lui est offert un an après qu’il ait commencé à photographier… des trains. Après des études scientifiques (bac C, puis D.U. d’Astronomie-astrophysique), il exerce plusieurs professions successives allant de guide scientifique à vendeur de matériel d’astronomie et autres, professions exercées dans divers endroits de France. Sa passion pour l’astronomie, les phénomènes célestes et météorologiques s’exprime déjà avec ce qu’il dit lui-même être ses premières bonnes photos d’éclairs en 1990 au Cap Ferret. Son arrivée dans le Gers en 2001 est pour lui décisive : « la photo dédiée à ma passion des phénomènes célestes et météorologiques a pris une ampleur dévorante, servie par la beauté des lumières gasconnes, sans parler des orages ... ».

©Pierre-Paul Feyte
(courtoisie de l'auteur)

©Pierre-Paul Feyte
(courtoisie de l'auteur)
Le relief du département gersois, les petites routes qui parcourent les coteaux, lui permettent de pouvoir admirer des phénomènes orageux plus observables qu’en ville et moins dangereux qu’en montagne. Ses clichés non seulement sont magnifiques, mais de plus il les rend instructifs en les expliquant, grâce aux études qu’il a faites, il ne nous laisse pas seulement être spectateurs, il nous permet de mieux identifier et comprendre ce que nous voyons. Il explique ce que sont les différentes sortes de nuages qui animent le ciel, nous permet de mieux saisir quel est leur rôle. Vivant en pleine campagne, il sait observer les changements que les saisons et les aléas du temps impriment aux paysages. Jour et nuit, brouillard et brumes, vastes panoramas, miroir des eaux, majesté des Pyrénées qui magnifient l’horizon, on trouve tout cela dans ses œuvres.Mais il ne limite pas cependant son attention aux phénomènes célestes et météorologiques. Il scrute, il guette, il examine tout ce qui peut faire l’objet d’une belle photo originale et il se penche ainsi sur des petits détails, de tiges, de fleurs, de bulles dans un verre de vin, de gouttes prises dans la glace, de choses minuscules devant lesquelles beaucoup passeraient sans les voir ni à plus forte raison les regarder ; Pierre-Paul les met en lumière et en évidence par la magie de son talent. C’est pourquoi je pense qu’on peut voir en lui un poète, car il sait voir la beauté, immense ou même minuscule et nous la faire partager, tout en la sublimant par ses clichés.
Désormais utilisateur du numérique, il en apprécie les avantages, tout en conservant son ancien appareil. Ce photographe artiste ressent une particulière admiration – entre autres – pour des peintres tels que Constable, peintre de ciels très agités, et Turner, qui, tel Ulysse se fit attacher au mât d’un navire pour mieux observer le déchaînement des éléments.
Il a en projet l’achèvement de la préparation d’un livre aux Editions des Petites Vagues, et également l’édition de cartes postales qu’il mettrait en vente par le biais d’une entreprise personnelle. Il pense aussi se rendre aux Etats-Unis (en Arizona) pour y trouver des images d’autres phénomènes orageux avec un autre style de paysages.
Les prévisions météorologiques nous annoncent pour les mois qui viennent de la chaleur et des orages. Ils vont donner du grain à moudre à notre photographe qui pourra sur leurs traces nous gratifier de nouveaux clichés superbes comme il sait les produire. Tout en restant prudent vis-à-vis de ces phénomènes dont il connaît bien les dangers et qu’il sait « apprivoiser » pour en tirer la « substantifique moelle » en matière de beauté ! Souhaitons qu’il nous apporte encore des photos aussi magnifiques que les précédentes, c’est ce que nous désirons pour lui et pour notre plaisir.
Bernadette Mora
bernadette.mora186@orange.fr









