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Wang Du
En arrivant à Paris, au début des années quatre-vingt-dix, Wang Du, né en 1956 à Wuhan, République populaire de Chine, ne parlait pas un mot de français... " Paysage international ", premier choc, l'omniprésence des images : affiches publicitaires dans l'espace public, kiosques débordant de journaux, magazines gorgés de surfaces multicolores, flux télévisuel ininterrompu, boulimie de consommation cinématographique, saturation sonore... Bref, un larsen permanent entre réalité et représentation. Alors, plutôt que d'ajouter d'autres images à ce déjà trop-plein, Wang Du puise dans la matière offerte, il fait subir à ces surfaces trop lisses, trop parfaites, trop éphémères un traitement radical et inversé : par un procédé laborieux et précis, avec une technique irréprochable de sculpteur, il les ramène à l'état de matière, leur donne un poids, un volume, en révèle les faces cachées, en exacerbe les effets de cadrage. Le peuple fantomatique de l'univers des médias prend corps, difforme, surdimensionné, inquiétant et dérisoire... Wang Du est sans doute l'un des artistes dont l'œuvre capte avec le plus de discernement et d'originalité cette problématique récurrente entre représentation et réalité. En agissant et en s'engageant avec une intensité rare, il offre une confrontation physique avec l'au-delà des écrans, il invite à traverser le miroir pour une promenade à la fois ludique et angoissante en compagnie des chiens et des monstres... Une promenade comme celle proposée en 2004 par la Wang Du Parade, en quatre étapes dans quatre institutions d'art contemporain. En mimant les stratégies d'une campagne conquérante, cette exposition à visages multiples fait écho aux prises de positions conceptuelles, formelles et politiques de l'artiste mise en scène spectaculaire, utilisation du langage des médias par des dynamiques de circulation et de diffusion de l'information, renversement des valeurs de la société du spectacle. C'est à l'occasion de la Wang Du Parade, et des expositions Wang Du à Nantes et à Vancouver en 2005, que paraît cet ouvrage, première monographie consacrée à Wang Du qui porte un regard sur l'ensemble de ses œuvres depuis le début des années 1990.
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Dans cette première monographie d'envergure de son oeuvre, Henri Foucault dévoile la cohérence de ses multiples créations - sculpture, photographie et vidéo. Il s'affirme, à travers ces différentes approches, comme un artiste majeur dont le travail allie émotion formelle et rigueur conceptuelle. Henri Foucault sait depuis longtemps que la photographie a aussi pour indéniable qualité de pouvoir magnifier la matière et d'affronter autrement que par la sculpture les problèmes d'espace et de redéploiement des systèmes de représentation. De cet affrontement entre deux pratiques, le lent façonnage d'un volume et la fulgurance de l'acte photographique, surgit la possibilité de fusionner les gestes de sculpter et de photographier. Ce portrait de l'artiste accompagné de nombreuses reproductions de ses oeuvres est enrichi de textes des plus grands analystes de l'art contemporain et du cinéma : Jacques Aumont (professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et auteur de nombreux essais sur le cinéma), Guy Cogeval (directeur du musée des Beaux-Arts de Montréal), Michèle Débat (historienne de la photographie), Térésa Faucon (historienne du cinéma), Alain Fleischer (romancier, plasticien, cinéaste), Dominique Païni (directeur au centre Georges-Pompidou), Damien Sausset (critique d'art à Art Press) et Didier Semin (historien de l'art et professeur à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris).
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