retour
back

Estampes digitales et art textile

De l'Art textile à l'estampe digitale

Jacqueline Fischer

Jacqueline Fischer est d'abord reconnue pour ses réalisations textiles et ses "text-îles" qui marient tissus et poésie.

D'abors simple outil d'aide à la création pour ses œuvres textiles, l'ordinateur est peu à peu devenu pour Jacqueline Fischer un outil produisant des estampes digitales dont la valeur artistique s'affranchit des supports auxquelles elles sont destinées.

"Ce que je veux c'est recréer sur écran des images un peu oniriques qui sont en moi. Je ne garde que celles qui coïncident avec ces rêves ou visions de formes et de couleurs".

Jacqueline FISCHER
» site web

 

Robert Moro

Artiste plasticien issu de l'« art textile » Robert Moro se consacre aujourd'hui à la création d'« estampes numériques ». Il reprend, entre autres, la démarche qui avait inspiré ses retables des « Corps glorieux », ces bas-reliefs en papier moulé, nommés ainsi en hommage au musicien français Olivier Messiaen (photo ci-dessous)

Entre éclatements et recompositions, entre geste et écriture, son travail actuel poursuit cette quête d'un lieu où « les géométries sont enfin dissipées »

» site web

 

Qu'est-ce qu'une estampe digitale?

L'estampe digitale est une œuvre réalisée avec un ordinateur et tirée à l'aide d'une imprimante numérique. Les données numériques élaborées pour le tirage constituent la matrice de l'estampe digitale.

Quel rapport entre estampe digitale et support ?

La caractéristique principale de l'estampe digitale est la liberté de choix de l'artiste vis-à-vis du support. Le support imprimé peut lui-même être retravaillé dans une nouvelle étape dans le cas d'oeuvres composites.
De la même matrice indéfectible, on peut tirer un nombre illimité d'œuvres originales, de format et de support variés, à des périodes espacées.
La qualité du tirage d'une estampe numérique dépend de l'artisan estampeur qui doit conjuguer sensibilité et connaissances techniques. Le développement permanent des techniques entraîne une évolution et une diversification des méthodes de tirage.

Concernant l'estampe digitale appliquée à l'art textile, voici quelques propos éclairants de Jacqueline Fischer, une des pionnière dans ce domaine :

"Je pense que que les estampes numériques peuvent aussi être exposées en elles-mêmes seules-et avec leurs variations - ou à côté des ouvrages dérivés auxquels elles ont donné naissance ou des impressions qu'on peut en faire. C'est quelque chose de très ouvert et qui se métamorphose, c'est pourquoi c'est difficile à cerner! A la limite ce n'est jamais fini puisqu'une estampe peut en générer des dizaines d'autres...et être transposée dans pas mal d'arts différents...

L'hésitation principale vient toujours du  choix crucial de respecter au maximum le "carton" que constitue l'estampe numérique ou de s'en écarter pour en faire une adaptation et non pas forcément une reproduction fidèle. Parfois, il vaut mieux jouer la fidélité et parfois c'est la "trahison" qui semble nécessaire, et pourquoi pas les deux, pour deux oeuvres différentes issues d'une même matrice;là-dessus, j'ai encore beaucoup à réfléchir et travailler.Je ne suis qu'au début de l'aventure!En fait ce qui me fascine, c'est le côté précisément "matriciel' de ce type d'ouvrage et évidemment les choix que cet infini implique (on ne peut ni tout garder, ni faire autant d'adaptations qu'on le pourrait ou voudrait , mais on sait que ce sont des "possibles" et je crois que ce point différencie l'estampe numérique de beaucoup d'oeuvres qui une fois achevées ne sont plus modifiables pour aboutir à autre chose.)

Ce n'est pas difficile de produire quelque chose de plaisant ce qui est difficile,comme dans tous les arts, c'est d'en faire quelque chose de signifiant et de personnel. Et évidemment si on transpose dans un autre art il y a toute la part d'adaptation qui n'est pas simple pour "rendre" -là on rejoint le passage art textile-poésie.

Si j'avais un lieu-et les moyens!- adéquats j'imagine assez bien une expo comme cela: des écrans où le numérique serait projeté, des impressions sur papier et tissus , et des adaptations en tissu et pourquoi pas des textes... on pourrait remplir une petite salle à partir des "avatars" d'une seule estampe.Mais bon, c'est un rêve!"

Jacqueline FISCHER

voir aussi Images numériques : un infini de possibles

 

 

joos_1

SONGES D'UNE VIE
Julianna Joos

L’installation "Songes d’une vie" reprend à sa manière les thèmes des vanités de la Renaissance. Cette serie transpose dans autant d'oeuvres textiles le contenu d’un songe : douze symboles de vanité. Un cordon blanc noue ces images monochromes représentant tour à tour : l’artiste et les activités de son existence, la vie et la mort, la lenteur et l’érotisme, les symboles du pouvoir ainsi que des objets insignifiants ou éphémères. Le nœud est utilisé comme métaphore. La forme est esthétique, le symbole est percutant.

Sa représentation sous différentes formes inspirées par des nœuds marins veut communiquer au spectateur les enchevêtrements de la fatalité. Le nœud est signification de fixation dans un état déterminé. «Le défaire correspond, soit à la crise ou à la mort, soit à la solution et à la délivrance».* Julianna Joos a privilégié le nœud pour sa forme entortillée et pour sa capacité de traduire l’ambivalence entre crise et solution, mort et délivrance.

Dans ce projet une nouvelle technologie est associée à une technique traditionnelle. Les oeuvres textiles sont des jacquards tissés en lin. Avec le jacquard le tissage est réinventée : l’image est travaillée entièrement à l’informatique et le métier à tisser obéit aux directives d’un logiciel. Cependant l’œuvre qui en résulte garde les caractéristiques d’une oeuvre textile traditionnelle : on y retrouve la souplesse et la couleur de la fibre, la texture de la matière.

Ancienne présidente du Conseil québécois de l’estampe, Julianna Joos, a reçu de nombreuses récompenses dans diverses manifestations internationales. Elle dirige actuellement le département d'arts plastiques du Dawson College, établissement d'enseignement supérieur anglophone de Montréal.
Grande spécialiste de l'estampe traditionnelle, Julianna Joos a intégré dans sa pratique de nombreuses techniques de pliages, de marouflages et d'impressions sur divers support. Elle explore à présent les possibilité de l'estampe digitale, en particulier pour la production en tissage jacquard.
Ses préoccupations tournent autour des objets de notre culture. Utilisant comme métaphore les lettres de l’alphabet, les objets et espaces du quotidien elle travaille avec les symboles qui décrivent notre fatalité.