retour
back
Librairie Art Textile
» en savoir plus

Stages et cours
Studio Patchwork


Vous souhaitez vous initier ou vous perfectionner à l'art de la tapisserie ?
Studio Patchwork - Art Textile vous propose des stages et des cours adaptés à votre profil en résidence à Castelnau d'Estrétefonds  (31620) et dans différents lieux.

» pour en savoir plus

Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine(Angers)

Jean Lurçat est le grand rénovateur de la tapisserie contemporaine. Quelques-unes de ses plus belles œuvres sont rassemblés dans ce musée magique. L'Hôpital Saint-Jean, bel ensemble architectural du 12e siècle, abrite depuis 1967, le Chant du Monde de Jean Lurçat (1957-1966), dix tapisseries tissées entre 1959 et 1965 dans les ateliers d'Aubusson. Cette tenture symbolique se pose en réplique contemporaine de la tenture de L'Apocalypse d'Angers que Lurçat découvrit en 1937.

Outre les œuvres de Lurçat, le musée abrite des tapisseries d'artistes contemporains de premier plan. Ainsi l'ancien orphelinat (17e siècle) présente le fond constitué principalement des donations Lurçat, Thomas Gleb et Josep Grau-Garriga.

Emöke donne des cours de tapisserie pour transmettre aux élèves les aspects artistiques et créatifs de cet discipline mais aussi pour leur faire profiter de ses valeurs thérapeutiques psychiques et physiques (rééducation des bras ou des mains) dans divers hôpitaux ou maisons de retraite, en psychiatrie etc…

» pour en savoir plus

EMÖKE


Oœuvre d'Emöke :Chê-aî-ne de Büchenwald
12x12x12 cm
Musée Jean Lurçat

Emöke, formée à la Manufacture Nationale des Gobelins de Paris, est une artiste reconnue qui expose dans de nombreux pays : France, Italie, Hongrie, Suisse, Canada...
Elle est présente entre autres, au musée Jean Lurçat et de la tapisserie d'Angers et dans les collections de la sous-préfecture d'Aubusson.

"Je travaille sur un métier de haute lice, avec un tissage classique appelé gobelin mais j'utilise également d'autres techniques comme le relief ou d'autres encore plus personnelles.
La recherche du rythme entre les couleurs et les proportions est également un travail passionnant. Le rythme, comme le fil, commande toute vie et la lie à l'univers.
"
Emöke




Emöke - Révolution (175 x 175 cm)

La Tapisserie contemporaine
par Emöke

La tapisserie est une œuvre réalisée à la main, sur un métier de haute-lice (vertical) ou basse-lice (horizontal) en entrecroisant les fils. Recouvrant les fils de chaîne avec les fils de trame le licier crée des points qui donneront l'image. Cette façon de créer le tableau en réunissant des milliers de points, ressemble étrangement aux images en pixel d'aujourd'hui. Ainsi nous retrouvons l'un des arts les plus anciens dans le moyen d'expression le plus récent de notre civilisation.

La tapisserie a plusieurs fonctions, elle n'est pas seulement une décoration murale, elle insonorise aussi les intérieurs, calfeutre, réchauffe, illumine les lieux, même les plus austères, grâce à ses éléments, ses fils, ses fibres qui la construisent et qui sont des  matières vivantes. De nos jours, ces substances manquent particulièrement dans les structures en béton, pourtant les éléments vivants sont indispensables à notre équilibre.

      Mais comment pourrait-on faire revivre aujourd'hui cet art où le temps ne compte pas, où il faut de la patience, de la passion, alors que ce sont des valeurs délaissées par notre société dans laquelle tout est tourné vers la consommation et la production rapide.
Depuis peu les liciers osent travailler avec des fils plus gros et un nombre de teintes réduit, en résulte une production plus rapide. Mais ceci n'est pas  suffisant. Pour que la tapisserie puisse renaître de ses cendres, sa valeur ne doit plus se mesurer uniquement au temps passé à sa réalisation, ni à la valeur marchande des fils qu'on utilise.
La tapisserie d’aujourd’hui n’est plus la même que celle du moyen-âge, ou que celle de sa dernière époque glorieuse des années 60-70. Elle a d'immenses possibilités et diversité, où peuvent se mêler sculpture et peinture, couleurs et matières, précision et volumes, où on peut jouer avec le rythme entre les couleurs, les diverses matières, les proportions, le relief. Elle évolue et nous apporte autant de valeurs artistiques et des nouveautés que les « installations »  si recherchées actuellement par les collectionneurs.

Pour populariser cet art il faut bannir le concept du  licier "ouvrier copiste", reproduisant les œuvres de peintres souvent en plusieurs exemplaires numérotés. Le licier doit être l'auteur de son œuvre de A à Z! De l'idée de base, en passant par le choix des couleurs et matières des fils, jusqu'à la réalisation complète de la tapisserie qui doit être une pièce unique.

Hélas dans une époque où l'argent est maître du monde, où l'art n'existe quasi strictement que pour les spéculateurs, il est difficile de changer les mentalités et de convaincre l'acquéreur d'écouter son cœur et d'acheter une œuvre originale simplement parce qu'elle lui plait, et non parce qu'elle est une "marque" certifiée par le tampon d'une manufacture. Seule une œuvre avec une "personnalité" innovante permet à son "lecteur" de nourrir son imaginaire. Car la "créature" gardera en elle une partie de son créateur. Le parcours de l'auteur, de l'idée qui jaillit en passant par le miracle de la réalisation et la plénitude de l'accomplissement, restera tissé dans cette aventure.

Pour de nombreux tisserands-liciers l'acte de tissage équivaut à une méditation. Dans beaucoup de civilisations le tissage était lié aux cérémonies et aux rites sacrés. Ce fil d'Ariane me guide vers le sacré en passant par la matière que je crée de mes propres mains ce mouvement perpétuel, rythmique, rééquilibre les tensions et les énergies en moi et autour de moi. Je capte la nervosité et la souplesse du fil avec mes mains, je le forme et le transforme. Il me transmet son énergie et ses vibrations, mais je lui transmets aussi mon énergie et mon subconscient. Pendant que mes mains travaillent, créent, construisent la matière, mon esprit s'envole vers les sphères de la méditation et de la subconscience. Ce fil que je mets en place et que je structure, ce fil à son tour me remet en place et me restructure durant ces heures que je passe en silence dans un mouvement répétitif de gauche à droite et de droite à gauche, en retrouvant les similitudes avec l'écriture, la danse, la musique, la géométrie, la méditation, voire la transe, voire l'Univers. Ce travail me permet de montrer qui je suis, ce que je capte de cet Univers, et me laisse pénétrer des sphères où l'on ne cherche plus de réponses aux questions de l'existence mais où l'on crée des œuvres qui posent ces questions.
Car les questions sont toujours un plus que les réponses.

Emöke
site web - courriel