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Matisse-Derain Collioure 1905, un été fauve
de Joséphine Matamoros, Dominique Szymusiak, Jack Flam, John Klein
Happé par la lumière du midi et ne voulant plus subir les contraintes d'aucune théorie, Matisse arrive le 16 mai 1905, pour passer l'été, dans le petit port catalan de Collioure. Là, racontera-t-il plus tard, " travaillant devant un paysage exaltant, je ne songeais qu'à faire chanter mes couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdictions ". Le jeune Derain le rejoint au début de juillet. Une solide amitié se noue entre les deux hommes, engendrant une collaboration picturale d'une rare fécondité. A la fin de l'été, les deux artistes ont énormément produit. De ces quelques semaines d'intense activité naissent d'éclatants chefs-d'œuvre dont la violence et l'aspect parfois inachevé vont dérouter le public parisien. C'est le début du fauvisme, qui marquera le XXe siècle. L'exposition " Matisse-Derain : Collioure 1905, un été fauve " rassemble les œuvres faites à Collioure et parfois terminées à Paris. Les problèmes de la couleur pure sont primordiaux dans la construction du tableau et la libération des artistes face au sujet. Les œuvres réalisées par Matisse et Derain à Collioure sont réunies et confrontées pour la première fois aux paysages encore intacts aujourd'hui, créant ainsi un événement à la fois plastique et culturel. Un travail de recherche approfondi a été effectué pour l'attribution des œuvres à Collioure. Par ailleurs, leur confrontation avec les photographies de l'époque démontre l'importance du sujet et du site de Collioure.
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Gallé : Le testament artistique
de Philippe Thiébaut
La Main aux algues et aux coquillages, dont le musée d'Orsay possède un très bel exemplaire grâce à la générosité des descendants d'Émile Gallé, peut être considérée comme l'ultime création du maître-verrier. Elle fut présentée au public à l'Exposition d'art décoratif de Nancy en octobre 1904, un mois après la disparition de l'artiste. Le propos de la manifestation
organisée par le musée pour célébrer ce centenaire est d'analyser la genèse de cette pièce, d'une technique exceptionnelle, puisqu'elle fut entièrement modelée à chaud. Le caractère étrange et ambigu de l'objet soulève de nombreuses questions. La main sort-elle de l'eau ou y sombre-t-elle lentement ? Est-elle par conséquent symbole de vie ou de mort ? La dualité dont est imprégnée cette sculpture de verre est liée à la situation personnelle de son créateur qui, gravement malade, se sait
condamné. Pour signifier son adieu à la vie terrestre et son espoir en un au-delà lumineux, Gallé recourt à un thème qui lui est particulièrement cher, celui du monde marin. Ce thème apparaît tôt dans son œuvre. D'abord traité sur un mode rococo, il se modifie sensiblement, à travers le double prisme de la science et de la poésie. Le développement de l'océanographie le passionne tandis que sa sensibilité à la poésie, notamment à celle de Hugo et de Baudelaire, guide des recherches techniques époustouflantes. Le matériau vitreux se trouve alors doté de qualités suggestives tout à fait exceptionnelles constituant, tout comme la poésie, une invitation au rêve.
Biographie de l'auteur
Philippe Thiébaut, spécialiste de l'Art Nouveau,
a assuré le commissariat de plusieurs expositions au musée d'Orsay - dont Guimard (1992), La Lettre Art Nouveau en France (1995), Robert de Montesquiou ou l'art de paraître (1999) - et 1900 (Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 2000). Il travaille sur la vie et l'œuvre d'Émile Gallé depuis plus d'une vingtaine d'années. Il a organisé l'exposition Gallé qui s'est tenue à Paris au musée du Luxembourg en 1985 et a participé en 1999 à la grande manifestation nancéienne L'École de Nancy 1889-1919, Art Nouveau et industries d'art. Sur Gallé, il a publié de nombreux articles ainsi que deux ouvrages, Les Dessins de Gallé et Gallé, le magicien du verre.
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