Ivan Messac Monographie

Considéré comme le plus jeune artiste appartenant à la Figuration Narrative, Ivan Messac est l'artiste de la diversité. Du futurisme russe aux considérations modernes de l'art, en passant évidemment par le Pop Art, ses inspirations sont variées et donnent à son œuvre le cachet qu'il mérite. Peintre mais également sculpteur, Ivan Messac a la particularité de jouer avec notre sens de la perception en créant des sculptures illusionnistes d'apparence lourde et massive. Il n'en est rien, car elles sont faites de carton et de papier peint. Un essai de Patrick Le Nouëne, conservateur et directeur des musées d'Angers.
De nombreuses reproductions couleurs, vues d'expositions et d'atelier. Un parcours monographique complet, avec liste des expositions et références bibliographiques. » Amazon


La mariée était en rouge

"Déroutant, poétique, sublime. 
J'ai pris ce livre et je ne l'ai pas quitté avant de l'avoir lu en entier.  C'est un grand cru de Gavard-Perre
t"  - Gaetano Amalfi 

Le petit interview intempestif de IVAN MESSAC
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le fait de mettre couché le soir sans pouvoir échapper à mon biorythme.

Que sont devenus vos rêves d'enfant ?
S'il s'agit de mes rêves au sens onirique, permettez que j'en garde la secret. Concernant, mes ambitions, mes désirs, mes souhaits d'enfant, je dirais qu'ils sont comblés. J'admirais mon grand-père Régis Messac, et d'une certaine manière j'ai marché dans ses pas. Qui sait, un jour on portera aussi mes cendres au Panthéon, bien que ce ne soit pas l'un de mes rêves.

A quoi avez-vous renoncé ?
Après mes études universitaires je me suis efforcé de ne pas me prendre pour un intellectuel.

D'où venez-vous ?
D'une famille en apparence modeste

Qu'avez-vous reçu en dot ?
(suite de la réponse à la question précédente) j'ai reçu en héritage :

- l'image d'un grand-père écrivain, engagé, pacifiste et résistant, mort en déportation mais dont la figure légendaire m'a servi de guide.
- un oncle journaliste ami de Léo Mallet qui me fit découvrir la littérature populaire, les rues de Paris Alphonse Allais et l'humour noir.
- la rencontre avec le sculpteur Saint Maur et de Pierre Debauche, fondateur du Théâtre des Amandier.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?
Ce n'est pas mon genre !

Un petit plaisir - quotidien ou non ?
Écrire.

Qu'est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Je me le demande. Je ne fais pas comme eux mais j'assume la même fonction sociale qu'eux. Ils ne me semblent pas étrangers, mais bien : familiers. Et comme eux, j'ai une haute estime de ce que je fais.

Où travaillez vous et comment ?
Je n'ai pas toujours travaillé de la même façon, mais ce qui pourrait caractériser ma démarche est : le glissement progressif qui mène de la répétition infidèle à la découverte inattendue. Ce qui, dans le temps, produit une œuvre a-stylistique mais néanmoins identifiable, une œuvre composée de facettes dont la somme n'est pas nécessairement le tout.

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
J'écoute rarement de la musique en travaillant. Quand j'en écoute, cela va de Varese à Captain Beafheart, de Léo Ferré à Jimy Hendrix, j'ai aussi un penchant pour Gene Vincent et la chanson italienne des années 60

Quel est le livre que vous aimez relire ?
C'est très chic, de relire. Ça a du m'arriver, mais je n'en fais pas état.

Quel film vous fait pleurer ?
La moindre scène sentimentale me fait pleurer, est-ce croyable ?

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez vous ?
Je ne me regarde pas très souvent dans un miroir, je m'y vois, mais je n'y accorde pas grande importance. Les autres me trouvent si sympathique que je n'éprouve pas le besoin de savoir si je me plais.

A qui n'avez-vous jamais osé écrire ?
????????????

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
???????

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
Francis Picabia et Jean-Pierre Pincemin, les autres, étant vivants, se reconnaîtront

Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Tout dépend duquel nous parlons. Et tout dépend de qui viendrait ce cadeau. Dans l'ensemble, mes proches pensent à me le souhaiter, et c'est déjà beaucoup.

Que défendez-vous ?
Le droit à l'infidélité à soi-même, c'est-à-dire le devoir de ne pas chercher à se ressembler. Mais encore le droit à être libre avec soi-même et d'offrir cette liberté aux autres.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?
C'est le comble de la sagesse (sic), car qui peut mieux faire, par amour ou pour toute autre raison, que de ne rien offrir à celui qui ne demande rien ? Il me faut préciser que ce que l'on a pas, du fait même de son absence, s'énonce par rien. D'autant que ce que l'on a, est quelque chose, quelque chose que l'on a plus une fois qu'on l'a offert. Dans ce cas et dans ce cas seulement, la chose peut ne pas être désirée par son destinataire, fut-il aimé ou non. L'amour serait-il spécifiquement le lieu de ce non échange ? Je ne me pose pas cette question et j'apprécie les malentendus par ailleurs.

Enfin que pensez vous de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?"
La réponse est non toutes les autres fois.