Cathy Garcia

Poète et artiste née en 1970. Fonde en 2003 la revue de poésie NOUVEAUX DÉLITS. Elle utilise aussi la photo comme moyen d'expression.

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Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".
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Le petit interview intempestif de : CATHY GARCIA
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ?
Les contraintes du quotidien entre autre de parent, mêlées de l'envie de faire plein de choses en plus de ce que je dois faire. Mais, je pourrais répondre aussi : la curiosité.

Que sont devenus vos rêves d'enfant ?
Comme je crois que les rêves sont faits pour être réalisés afin que d'autres puissent venir, une partie de mes « rêves d'enfant » s'est réalisée, et même au-delà : voyager de par le monde, vivre la vie des saltimbanques, chanter, mais ça c'est déjà derrière, d'autres rêves sont encore à réaliser et j'y travaille. À vrai dire mes rêves d'enfants ne m'ont jamais quittée, ils ont simplement grandi avec moi. L'un des plus grands rêves de mon enfance, c'était de découvrir le sens de la vie et donc de la mort, ce rêve là va me tirer de l'avant encore pendant longtemps.

A quoi avez-vous renoncé ?
Je crois que la vie est faite de ça, de renoncements volontaires, je dirai même naturels, parce que cela permet de passer à autre chose, d'avancer vers ce qu'on pourrait appeler le soi véritable, essentiel, une certaine forme de liberté, sauf que ce n'est pas le but qui est important, mais bien le chemin. C'est une sorte de dépouillement progressif, d'allègement. Aussi, je ne sais si on peut appeler ça renoncement, en tout cas, chez moi, il n'y a jamais de résignation. Il y a des choses simplement dont j'ai fait le tour et bien que plus ou moins plaisantes, elles étaient devenues des entraves, alors je les ai laissées derrière, comme partie intégrante de mon expérience de vie. Cela dit, ça ne se fait pas toujours sans mal.

D'où venez-vous ?
La première réponse qui me vient, c'est : de loin. Je reviens de loin. La question pourrait être aussi « où allez-vous ». J'ai cette étrange sensation de boucle à boucler, mais de boucle non fermée, une spirale donc, alors je viens de là où je cherche à aller, il me semble.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?
Tout dépend de ce que l'on appelle travail. A vrai dire c'est l'inverse qui s'est passé dans ma vie. Il y a quelques années, j'ai plaqué mon travail, un travail que j'aimais mais qui en même temps était devenu une entrave justement, j'ai donc plaqué tout ça pour la maternité mais aussi et cela va avec, pour « être » au lieu de « faire ». Et donc, dans ma façon d'être, il y a tout ce travail d'écriture, d'expression artistique, de recherche etc. Mais, et je suis en plein dedans, ce n'est pas considéré extérieurement, institutionnellement, comme un travail tant que cela ne rapporte pas de l'argent. Beaucoup d'argent. C'est ma très grande problématique actuelle.

Qu'est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Alors là, je n'ai pas de réponse à cette question. Je pense que chacun de nous se distingue des autres parce que nous sommes chacun des individus uniques et en même temps nous nous ressemblons parce que nous sommes humains. Par contre, je n'aime pas les étiquettes, les catégories, je pense que tout humain est potentiellement créateur, et donc artiste d'une façon ou d'une autre, Je n'aime pas la façon dont on a séparé l'art de la vie quotidienne. Après, il y a des personnes qui vont développer plus que d'autres tel ou tel autre type d'expression, mais dans l'art, ce qu'on appelle talent est une donnée très subjective, je préfère parler de maîtrise de technique dans ce cas. Certains maîtrisent mieux certaines techniques que d'autres, mais ce n'est pas cela qui fait l'art. L'art est dans le regard de l'autre.

Où travaillez vous et comment ?
Pour les collages et autres gribouglyphes, je travaille chez moi et comme je peux, prenant de l'espace sur l'espace de vie commune, sur la table où l'on mange principalement, dehors sur la terrasse quand il fait beau, ça déborde partout, pas de séparation donc entre art et quotidien. Je souris en écrivant ça, car bien sûr je rêve d'un atelier ! Ça viendra peut-être. En même temps ce n'est pas désagréable comme décoration, les enfants s'y sentent bien et ça leur donne beaucoup d'inspiration. Pour l'écriture, je travaille dehors à la belle saison et à l'ordinateur à la saison froide.

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
Pas de musique pour l'écriture mais pour le reste, actuellement en travaillant, ce sont surtout des groupes mongols plus ou moins traditionnels comme Huun Huur Tu, une de mes chanteuses favorites est Sainkho Namtchylak, ou sibérien comme Yat-Kha qui mélange sons rocks et chants de gorge ou alors les groupes américains Sixteen Horsepower, Lilium, Wovenhand (plus ou moins les mêmes musiciens dont un français Pascal Humbert), mais aussi les Guo Brothers et des compils diverses de musiques d'ailleurs comme Music from the Tea Lands, Voices of the Forgotten Worlds, Juyungo - Équatoriales. Le voyage du Yagé, bref des musiques qui me font voyager et puis des groupes français comme Mashiro, Afous Afous' et d'autres encore.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Il y a tellement de livres que je veux lire que c'est extrêmement rare que je relise deux fois le même. Je suis affreusement gourmande et le choix est immense. Et comme la musique, j'aime aussi les livres qui me font voyager.

Quelles tâches ménagères vous rebutent le plus ?
La vaisselle.

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
Je me sens proche de mes proches. Je ne peux me sentir proche de personnes avec qui je n'ai eu aucun contact personnel. Je peux aimer une création, un tableau, une sculpture, un livre, mais ça ne veut pas dire que je me sentirais proche de l'auteur si je le rencontrais. Donc j'aime le travail de nombreux artistes et auteurs, mais le terme me sentir proche ne convient pas, au contraire parfois ce que j'aime justement c'est la distance, la différence qu'il y a entre leur travail et moi-même.

Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Une voiture qui roule.

Que défendez-vous ?
J'aimerais aider à défendre la vie dans son sens le plus complet, la dignité, le droit d' « être », le droit à la différence, le droit à un futur pour nos enfants, la nature.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"' ?
Je trouve ça assez juste, même si il est impossible de définir l'Amour, qui par essence est indéfinissable, on ne peut définir et donc enfermer l'Amour avec des mots.

Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question '" ?
Bien que de tendance anarchiste comme disait mon prof de philo, je suis plutôt oui que non et j'aime bien les répliques de Allen (même si je ne me sens pas proche de cet artiste et qu'il peut même m'exaspérer), alors je citerais celle que j'ai mise en point final au bulletin de complicité de la revue Nouveaux Délits : j'ai des questions à vos réponses.