L'art n'est plus fait par ceux qui avaient l'habitude de le faire, mais par ceux qui le montrent : gens de musée, fonctionnaires de l'art, collectionneurs, communicateurs et mécènes. Aux artistes se substituent les commissaires : commissaires d'exposition, commissaires à la circulation, commissaires priseurs. C'est le monde de l'art qui fait l'art. Ce livre montre que l'art contemporain peut exister tout en s'affranchissant de toute référence à l'œuvre et au public.
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L'auteur
Philosophe, membre de l'Institut universitaire de France, Yves Michaud a été directeur des Beaux-Arts. Il dirige actuellement l'Université de tous les savoirs. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment publié L'art à l'état gazeux et Critères esthétiques et jugement de goût .


Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière... ... » la suite


UNE BIBLIOTHÈQUE DE CONNAISSANCES SANS PRÉCÉDENT

Un travail monumental 50 années de recherche lexicographique
10 années de rédaction
Une équipe de plus de 100 auteurs sous la direction d'Alain Rey : des signatures renommées, des spécialistes reconnus dans leurs domaines ainsi que de jeunes chercheurs

Un coffret de 4 volumes 9 200 pages (4 volumes de 2 300 pages) 65 millions de signes 65 000 entrées plus de 80 000 citations littéraires et 1 300 développements culturels sous forme d'encadrés

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La société du mépris de soi :
De L'Urinoir de Duchamp
aux suicidés de France Télécom

Comment ne pas voir que l'art du dernier demi-siècle dément catégoriquement le discours euphorisant des médias ? Non, l'homme occidental n'est plus cet être conquérant qui échappe au temps et à la mort grâce à son insatiable créativité. L'homme occidental d'aujourd'hui souffre et dépérit, perd ses cheveux et ses spermatozoïdes, et courbe l'échine devant tous les pouvoirs comme il ne l'avait jamais fait. Comment expliquer cette fascination pour les représentations les plus piteuses de lui-même d'un homme qui n'avait cessé depuis des millénaires de se représenter en dieu, en phénix ou en roi ? François Chevallier propose une réflexion faisant apparaître l'art comme un véritable outil anthropologique - le révélateur involontaire donc impartial de la santé morale d'une société.

l'auteur
Journaliste et critique d'art, puis producteur à France Culture et collaborateur de la galerie et de la Fondation Aimé Maeght, François Chevallier a été le fondateur et le rédacteur en chef des "Chroniques de l'art vivant", avant de se consacrer logiquement à l'art visuel par excellence du XXe siècle : le cinéma.
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Le petit interview intempestif de : ELKE BOON
par Jean-Paul Gavard-Perret

(Un grand merci à l’artiste – et ami – Marcel Warmehoeven qui a traduit ce texte).

 elke boon

Elke Boon
Installation - portrait of a sleeping artist

 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

Je ne me lève pas le matin, le plus souvent je travaille pendant la nuit. Mais une fois le soleil levé je veux sortir.
Parfois aussi je me lève par sentiment du devoir, une discipline que mes parents m’ont dotés.
Et encore je me lève parce que je veux travailler. Pour ça je peux quitter mon lit en pleine nuit et travailler jusqu’au matin. A vrai dire je ne possède pas un bon biorythme (équilibré).
(Ik sta ’s morgens niet op, ik werk meestal ’s nachts. Maar als de zon er is, wil ik naar buiten.
Ik sta soms ook op uit een soort plichtsgevoel, een discipline die ik van thuis meegekregen heb.
En ik sta op omdat ik wil werken, daarvoor kan ik in het midden van de nacht uit mijn bed komen en werken tot de ochtend.
Ik heb niet echt een goed bioritme).

 

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?

Pas grand’chose, je voulais être astronaute et comédienne.
Je paraissais dans quelques films de court métrage et des petites pièces de théâtre et pendant quelque temps je suivais une formation théâtrale.
J’ avais trop de rêves et en fait j’en ai toujours plus.
(Niet veel, ik wou astronaut en acteur worden.
Ik heb in enkele kortfilms en kleine theaterstukken gespeeld en volgde een korte theateropleiding.
Ik had teveel dromen en ik heb er eigenlijk steeds meer).

A quoi avez-vous renoncé ?

Astronaute.
J’ai une très mauvaise vue et je ne suis pas assez fort en maths.
(Astronaut.
Ik heb heel slechte ogen en mijn wiskundige knobbel is niet groot genoeg).

D’où venez-vous ?

Je suis née à Gand. De descendance je suis hongroise de la part de ma grand-mère. Après la Grande Guerre elle est arrivée en Belgique avec “le train d’enfants”. Toute sa vie elle était aide ménagère chez un curé. Elle s’est mariée avec un Belge. Ensemble ils sont rentrés souvent en Hongrie pendant des courtes périodes. Si la plupart de sa famille ne survivait la guerre elle avait toujours le mal du pays. Je suis élevée avec ce sens de nostalgie qui a imbibé toute ma famille, avec le goulash et la broderie, la musique hongroise et un schéma extrème de comportement dicté par le rôle social. Des histoires du rideau de fer, la persécution des Juifs, rationnements de vivres et les envahisseurs russes.  
(Ik ben in Gent/Belgie geboren.
Ik heb Hongaarse roots, ergens ver van mijn oma meegekregen.
Ze kwam na de eerste wereldoorlog met de kindertrein naar België.
Heeft hier dan haar hele leven als huishoudster bij een pastoor gewerkt.
Ze is dan met een Belg getrouwd.
Samen zijn ze dikwijls voor korte periodes naar Hongarije terug gegaan, ze heeft steeds veel heimwee naar haar thuis gehad, ook al kwam het grootste deel van haar familie om tijdens de oorlog.
Ik ben opgevoed met een soort nostalgie waarvan mijn volledige familie is doordrenkt. Goulash en borduurwerk. Hongaarse muziek en een extreem rollenpatroon. Verhalen over het ijzeren gordijn, Jodenvervolging, voedselrantsoenen en de Russische overheersing).

 Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?

La vie familiale.
Je ne me suis jamais reconnue dans la vision sociale de la femme et le rôle de mère. Cela m’épouvante. C’est énormément impératif et j’ai choisi de ne pas vivre dans ce corset de fer. Mon travail et ma musique demandent beaucoup de concentration (trop, peut-être).
Il me reste toujours aussi la question s’il est bien ou non d’avoir tous ces enfants dans un monde menacé de pollution, misère et disette. Cependant je suis convaincue que l’espèce humaine peut s’évoluer pour le mieux et pour ça il est nécessaire que les enfants seront élevés dans une compréhension de valeurs de  conscience et perspicacité.
(Het gezinsleven.
Ik heb me nooit kunnen vinden in de maatschappelijke visie op de vrouw en moederrol. Het schrikt me af. Ik vind ze enorm dwingend en heb gekozen om dit keurslijf niet aan te trekken.
Mijn werk en muziek vergen (misschien te) veel concentratie.
Er blijft mij ook steeds de vraag of het wel goed is dat we allemaal zoveel kinderen krijgen in een wereld die zo door vervuiling, armoede en honger wordt bedreigd.
Toch geloof ik dat de mens ten goede kan evolueren en daarom is het noodzakelijk dat mensen hun kinderen opvoeden met de nodige waarden, kennis  en inzicht).

 Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?

Je pense que je me distingue un peu dans l’application des media diverses. Souvent un artiste obtient un certain prestige social, un mythe auquel il doit répondre. Je ne me retrouve pas dans cette idée.
(Ik denk dat het hanteren van verschillende media mij wat onderscheidt.
Een kunstenaar krijgt dikwijls een bepaalde status, een mythe waaraan hij moet voldoen. Ik voel me daar niet mee verbonden).

 Où travaillez vous et comment?

Je tourne/fais des enregistrements en extérieur. Beaucoup de mes oeuvres prennent forme pendant mes vacances. Au moment que des coups de téléphone gênants ou des e-mails avec des questions préoccupantes ne me détournent pas.
C’est pendant les nuits surtout, quand tout est tranquille et je peux me concentrer suffisamment, que je travaille dans mon atelier. Je cherche l’isolement pour travailler. J’ai besoin de ça pendant des jours entiers ou même des semaines pour pouvoir me perdre dans le travail et engager une relation, pour ainsi dire, avec l’oeuvre. Cela ne marche pas quand on me dérange tout le temps.
(Opnames maak ik op locatie. Veel dingen ontstaan op vakantie. Wanneer ik niet afgeleid wordt door storende telefoons of mails met prangende vragen.
Ik werk in mijn atelier vooral ‘s nachts als het rustig is en ik me voldoende kan concentreren.
Ik zonder me af om te werken.
Ik heb het nodig om me dagen, soms weken te kunnen isoleren om op te gaan in het werk, om ermee een soort ‘relatie’ te kunnen aangaan. Deze relatie kan ik niet opbouwen wanneer ik steeds opnieuw onderbroken word.)

 Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?

Rien, le plus souvent, parce que je produis de la musique moi-même. Uniquement quand je fais des dessins parfois j’écoute le concert pour piano no.3 de Rachmaninov, Ennio Morricone : ‘Once upon a time in the west’ et la musique de film pour Barry Lyndon est pour moi le disque préferé pendant que je travaille.
J’écoute des vinyls, pas des cd’s ou mp3.
Quand je ne travaille pas j’écoute toutes sortes de styles tant que c’est bon.
(Meestal niets, daar ik zelf muziek maak.
Enkel wanneer ik teken luister ik soms naar Rachmaninov’s piano concerto no.3, Ennio Morricone : ‘Once upon a time in the west’ en de filmmuziek voor Barry Lyndon is één van mijn favoriete werkplaten.
Ik luister naar platen, geen cd of mp3 maar vinyl.
Als ik niet werk kan ik naar allerlei stijlen luisteren, zolang het maar goed is).

Quel est le livre que vous aimez relire ?

Le meilleur livre je ne l’ai pas encore trouvé. J’aimais tout de Roald Dahl entre autres.
'Kaas en de evolutie theorie' de Bas Haring. De Mark Haddon son roman ‘Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit’.
‘L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche’ de Miguel de Cervantes mais aussi des classiques comme ‘Le Parfum’ de Süskind. Je veux me mettre à Murakami et aussi ‘A Million Little Pieces’ de James Frey…….
(Het beste boek heb ik nog niet gelezen, ik hield o.a. van alles van Roald Dahl.
'Kaas en de evolutie theorie' van Bas Haring
‘Het wonderbaarlijke voorval met de hond in de nacht’ van Mark Haddon
De vernuftige edelman Don Quichot van La Mancha. Miguel de Cervantes maar ook klassiekers zoals ‘das Parfum’ van Süskind
En ik wil beginnen aan Murakami en ook James Frey ; a million little pieces…)

Quelles taches ménagères vous rebutent le plus ?

Pas vraiment les taches elles-mêmes me rebutent mais j’ai horreur de la routine ménagère.
Niet echt de klusjes op zich maar de routine van het huishouden vind ik vreselijk.

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?

Les artistes que j’admire beaucoup sont à grande distance de moi, par consequence.
Le réalisateur de théâtre Alexander Devriendt (qui gagne toujours en qualité)
Balthazar (groupe pop flamande)
Michael Borremans
Jane Alexander
Louise Bourgeois
Nadia Boulanger
Je me sens proche à certains gens mais ce ne sont pas des artistes forcément.
Etre passionné est un trait de caractère que j’apprécie et reconnais. Des gens qui ont le courage d’être fidèle à eux-mêmes et qui s’y acharnent même si la reconnaissance se fait attendre.
(De artiesten waar ik heel veel bewondering voor heb, staan daarom dan ook weer heel ver van mij af.
Theatermaker Alexander Devriendt (die steeds beter wordt)
Balthazar (Vlaamse popband)
Michael Borremans
Jane Alexander
Louise Bougeois
Nadia Boulanger
Er zijn mensen met wie ik me verwant voel maar dat zijn niet persé kunstenaars.
Gedrevenheid is een kenmerk dat ik in mensen apprecieer en erken.
Mensen die ergens durven in geloven en blijven voor gaan ook al blijft bevestiging heel lang op zich wachten).

 Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Une grande sagacité
(
Groots inzicht)

Que défendez-vous ?

Liberté et égalité.
L’Athéisme.
(Vrijheid en gelijkheid. Atheisme).

 Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?

Les témoignages sur l’amour sont déjà abondants. Souvent on confond l’amour avec l’angoisse/pouvoir et soumission et désir. Je ne sais pas si c’est vraiment une condition émotionnelle. L’amour devrait être une sorte de “justice”. Mais qui suis je pour en dire quelque chose.
(Er is al heel veel gezegd over liefde. Liefde wordt dikwijls met angst/macht en afhankelijkheid en verlangen verward. Ik weet niet of het echt een emotionele toestand is. Het zou een soort “gerechtigheid” moeten zijn.Maar wie ben ik om iets over de liefde te zeggen.

 
Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?"

S’il n’y pas de question, est-ce que la réponse est oui? Ou est-ce oui la réponse.
(Als er geen vraag is, is het antwoord dan ja ?  Of is ja dan het antwoord).