Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

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Le petit interview intempestif de : LILI HELLER
par Jean-Paul Gavard-Perret

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ?

Les gens que j'aime et l'émerveillement d'être en vie, de la vie en général.

Que sont devenus vos rêves d'enfant ?

J'étais une enfant qui ne faisait presque que dessiner et peindre. Alors j'émerge plutôt dans mon rêve d'enfant. Un vrai bonheur. En même temps, j'avais et ai toujours tant d'autres rêves, comme participer au développement d'un lieu qui change les vies de centaines de personnes (BLOCK T à Dublin). Le rêve de créer un humain, d'être maman. Planter des arbres sur un bout de terre qui serait protégé et le voir grandir, verdir, fleurir et permettre des vies.

A quoi avez-vous renoncé ?

Pour l'instant, j'ai renoncé à être une musicienne. J'aurai adoré chanter, jouer de la batterie, du violoncelle et du piano. Qui sait si je ne m'y mettrai pas un de ces jours… J'ai renoncé à l'architecture. Trop de compromis, trop de coupures, trop saillant. J'ai renoncé à toutes religions et crois totalement en la nature et en son procédé d'évolution et donc d'adaptation. J'ai renoncé à toute forme de fanatisme. J'ai renoncé à la réclusion volontaire, car trop à découvrir, partager, s'émerveiller, expérimenter et apprendre.

D'où venez-vous ? - Qu'avez-vous reçu en dot ?

Je viens d'une colline où ça sent le chêne, la lavande et la terre. Je viens de la Lune aussi, un peu. Avant ma venue, mon papa lui parlait pour me faire arriver. Il est athée mais croit aux forces naturelles et en l'amour. Je viens de l'amour profond de deux personnes. Je viens d'un micro-miracle biologique grâce à une maman opérée par un génie de la chirurgie des trompes de Fallope. J'ai été élevée dans l'amour, le rire, la liberté. Nous étions plutôt pauvres mais je n'ai jamais manqué de rien. J'ai grandi dans la communication et la confiance ultime, dans le changement et l'adaptation, le partage et l'entièreté, dans le recul et le sens critique.

Un petit plaisir - quotidien ou non ?

Le cinéma. L'indépendant plutôt. Le grand public quand c'est réussi. (Pas de télévision chez moi depuis 15 ans). La bonne nourriture, simple et faite maison. La musique à fond. Danser. Un jeu à deux ou en groupe.

Qu'est-ce qui vous distingue des autres artistes ?

J'espère simplement être vue comme ne faisant pas partie des artistes qui n'ont pas compris que l'art était une affaire hors de l'égo, du Moi et de sa petite histoire individuelle. Je ne fais pas partie de ceux qui baignent dans un opportunisme quotidien et hypocrite. Je ne fais pas partie non plus de ceux qui se donnent le titre d'artiste professionnel en barbouillant vingt minutes au maximum des choses d'un goût très douteux, sur des toiles aux cadres faits du bois exotique des forêts dévastées. Je suis également loin du groupe des 'artistes' qui concoctent quelques œuvres étiquetées formalistes ou conceptuelles qui n'ont trop souvent pas grand-chose sinon rien à offrir.
Je ne dis pas que l'art d'aujourd'hui est une grande arnaque, non généreux et débordant de vide. Je dis juste que trop d'artistes et d'institutionnels traitent de l'art comme si c'était de l'entreprenariat bourru. Ceci n'a pas aidé à rendre en général les gens sensibles à l'art actuel, alors que ce qui poussent au plus loin ce qui fait que nous sommes des humains et non plus des animaux ce sont bien les capacités qui permettent l'existence de l'art - dans toutes ses formes - à savoir la conscience, la réflexion, la sensation, la prise de recul, l'émerveillement de ce qui est universel, le partage du sublime, l'engagement pour dénoncer l'absurde et la destruction, la prise de position pour défendre ce qui fait naturellement et profondément sens...
D'ailleurs ce qui me fait répondre à ces questions c'est l'envie de partager ce qui favoriserait la liberté de penser, la créativité et le bonheur, chez toute personne, car au départ de nos vies nous sommes tous créatifs, curieux et avides d'apprendre.

Où travaillez vous et comment?

J'ai un petit atelier dans un lieu créé par une artiste de mon âge, nommée Maeve Brennan, Ce lieu s'appelle Richmond Road Studios, basé à Dublin. J'ai tout ce qu'il me faut pour au moins dix ans. J'ai presque tout amené ce que j'avais dans mon atelier qui était à Marseille.
C'est assez excentré du cœur de la ville; c'est près du jardin botanique ; les artistes qui louent les ateliers sont tous adorables. C'est très calme. Tout cela me convient parfaitement pour l'instant, car j'ai besoin d'un endroit comme celui-ci vu que j'ai décidé de vivre en Irlande et cela demande beaucoup d'énergie mais c'est passionnant. J'y vis avec l'homme que j'aime. J'ai pris place au cœur de l'équipe qui fait exister le BLOCK T, centre de culture, galerie d'art, ateliers pour créatifs, lieu d'évènements liés à la musique, à la performance, au théâtre… J'ai participé à la création de LINK Culturefest et vais mettre en place tout le département éducation (cours, ateliers, stages…). En un an j'ai eu beaucoup de diverses expériences de travail. Dès que le temps libre est possible, je fonce à l'atelier.

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?

Erik Satie, Björk, Van Morrison, Thom Yorke, Portishead, Alain Bashung, Radiohead, Stars Of The Lid, Laurie Anderson, John Coltrane, Stina Mortensein, Billie Holiday, The Beatles, Arvo Pärt, Cat Power, Jon Hassel, The clash, Brian Eno, Traditional Chet Baker, Gustav Mahler, The Cure, Ella Fitzgerald, Tricky, P J Harvey, Ane Brun, Talking Heads, Dead Can Dance, Amiina, Murcof, Beirut, The Walkmen, Joy Division, Pink Floyd, Tortoise, Al Jarreau, Edvard Grieg, Dean Martin, Aphex Twin, Bruce Springsteen, Tim Buckley, Bed, Gorecki, Philip Glass, John Lee Hooker, Amon Tobin, Geoffrey Oryema, Christian Fennesz et Ryuichi Sakamoto, Henryk Górecki.…

Quel est le livre que vous aimez relire ?

L'Écume des jours de Boris Vian.

Quel film vous fait pleurer ?

Presque tous, mais pour répondre à la question je dirais Waste Land, ou Samsara, ou encore The Road ou Requiem For A Dream.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez vous ?

Les fois où je me m'aperçois c'est quand je me brosse les dents et quand il faut s'épiler au milieu des sourcils pour la fois de la semaine. C'est dur à dire. En réfléchissant je dirais, un être vivant. Une bien-aimée. Mon père. Un humain. Un amas de chair, sang, nerfs, muscles, os et autres prodigieuses substances. Une trentagénaire qui prend de l'âge et de la sagesse, la quarantaine va être bonne. Une amie. Une angoissée. Un animal. Une passionnée. Personne. Ma mère.

A qui n'avez-vous jamais osé écrire ?

A moi-même.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

Les fonds marins. Les arbres les plus impressionnants dans le parc national de Redwood en Californie. Ou les chênes centenaires d'Écosse. Venise pour son atemporalité, sa beauté et sa disparition constante.

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?

Pour moi il est plutôt question des artistes qui m'ont donné beaucoup, dont l'envie de peindre : Francis Bacon, Yves Tanguy, Ross Bleckner, Dorothea Tanning, Max Ernst, Rembrandt Van Rijn, Fiona Rae, Arnold Böcklin, Georgia O'Keeffe, Wassily Kandinsky, Edvard Munch, Rosa Bonheur, Edward Hopper, Caspar David Friedrich…

Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Des cartes faites main et écrites par des amis. Un bon livre. Un bon CD. Un bon pinceau. Un bon gâteau. Un bon DVD. Un billet de train ou de bateau. Une écharpe de laine tricotée. Un cheval… La Lune. J'arrête là.

Que défendez-vous ?

Le rire. Le partage. Le 'être ensemble' et le 'être présent'. Le respect de la nature et l'émerveillement provoqué par les éléments primordiaux.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?

Cela m'inspire de la tristesse. Le pauvre. Il a raté une immense et intense part de la vie. Moi aussi j'ai une citation : « L'amour... il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font. À partir de quoi il m'apparaît urgent de me taire. » Pierre Desproges.

Enfin que pensez vous de celle de Woody Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?"

Je m'aligne sur cette phrase de Gilles Deleuze : « C'est dans l'écroulement général de la question - qu'est-ce que ça veut dire? - que le désir fait son entrée. ».

 

 

 

Art-thérapie : La peinture qui guérit par Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".
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