Marcel WARMENHOVEN
MAN AND HORSE (2004)
300 x 310 x 175 cm



Contrats du monde de l'art de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière : contrat d'exposition, de commande, de projet artistique, accord de dépôt-vente, bail d'atelier, mandat d'agent d'art, cession de droits de reproduction, etc
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Le petit interview intempestif de : MARCEL WARMENHOVEN
par Jean-Paul Gavard-Perret



Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
En hiver le réveil matin ou la lumière électrique branchée soudain sur le palier vers 7 heures : je préférerais me retourner dans mon lit et continuer à dormir. En été: le point du jour et le chant des oiseaux au jardin ou bien ce glorieux moment lorsque commence un long jour tout neuf.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Je ne me rappelle pas de rêves au niveau de profession. Mais dès mon enfance je travaillais l’argile et je faisais des dessins. Peut-être toute ma vie a été un flot ininterrompu de choses que j’ai voulu faire et que j’ai realisé.

A quoi avez-vous renoncé ?
Au prestige social conventionnel que surtout mon père m’a souhaité. C’est la condition primordiale qu’il a essayé d’imposer à ses 6 enfants quand nous étions petits. Heureusement tous se sont opposés à ses idées, soit sous l’influence de notre mère ou bien de la structure sociale de l’ère, notamment dans les années 70.

D’où venez-vous ?
Je suis né à Rotterdam ou j’ai fait mes études à l’Académie des Beaux Arts. Etudes que j’ai continué à Maastricht durant 3 ans. Après j’ai travaillé comme décorateur de théâtre pour un ensemble belge au début des années 80, pendant cette période j’habitais Anvers. Puis je suis rentré en Hollande où je travaillais dans mon propre atelier à Schiedam (petite ville à côté de Rotterdam). Il y a 4 ans j’ai tourné le dos à la métropole et je me suis installé aux confins d’un village traditionnel dans une des îles du delta de La Meuse, l’Escaut et du Rhin à Zeelande.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?
Par manque d’argent la bienséance qui est liée au prestige social, ce que le plus souvent je ne regrette pas d’ailleurs.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Moi.

Où travaillez vous et comment?
Au fond du jardin derrière la maison où se trouve une remise avec un étage. Je travaille dans le désordre des matériaux que je rassemble autour de moi, interrompu par mon chien qui veut sortir 3 fois dans la journée.

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
J’adore les opéras de Händel et de Verdi et aussi la musique de Schnittke, Shostakovich, Ligeti, Holmboe, Prokofiev, Bartok et beaucoup d’autres. La musique pop ne me dit pas grand-chose.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
 J’aime bien lire, mais je ne sais pas lire très vite, donc re-lire un livre est comme une perte de temps. Mais s’il m'était donné de vivre encore 50 ans je voudrais bien relire:
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
L’inconsolé de Kazuo Ishiguro
Gérardo Laïn de Michel del Castillo
Les Frères Karamazov de Fedor Dostoïevski
Le Roi des aulnes de Michel Tournier
L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar

Quelles taches ménagères vous rebutent le plus ?
Toutes!

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
Je ne connais pas des artistes avec qui je me sens vraiment proche, mais il y en a bien sûr plusieurs dont j’admire les œuvres.
El Greco, Philippe Garouste, le jeune peintre suisse Léopold Rabus
Bernini, Canova, Pompon, Henk Visch, Paul McCarthy


Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Une fermette dans le Gers

Que défendez-vous ?  
Un moratoire sur la prolifération des éoliennes qui défigurent le paysage et qui sont une perte de temps à la voie pour rechercher une vraie solution pour le problème de notre consommation d’énergie.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?
C’est une sombre idée de Lacan. Il devrait tout d’abord spécifier ce “quelque chose”. Pour moi l’amour c’est tout l’énergie que je possède et que je passe aux autres pour en recevoir en retour autant sans contrainte.

Et celle de W. Allen: La réponse est oui mais quelle était la question?
……………………………………

Jean Paul : j'ai rempli le questionnaire en totalité il y a deux mois le questionnaire. En totalité sauf la dernière question sur laquelle j'au buté et le butte encore. J'ai essayé longtemps d'y répondre sans y arriver. Elle m'occupait le soir lorsque je promenais mon chien. Elle reste sans réponse. J'espère qu'elle ne va pas me suivre jusqu'à la fin de ma vie…