Mary Chaplin

Mary Chaplin : la page Mirondella - le site


Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie.
» Amazon


Art et Fiscalite, Droit Fiscal de l'Art 2011
par Véronique Chambaud

La fiscalité française de l'art est de plus en plus complexe. A la multiplication des réglementations s'ajoutent les difficultés nées de la qualification fiscale des activités artistiques et des oeuvres d'art. Cet ouvrage, entièrement mis à jour, donne les repères indispensables pour comprendre et utiliser le droit fiscal de l'art. Il clarifie les problématiques de la fiscalité du marché de l'art et examine les obligations et impositions des intervenants culturels, tant professionnels qu'amateurs. Il présente les mesures de soutien à la création artistique et en évalue l'incidence sur le statut fiscal des artistes selon leur spécialité (plasticiens, photographes, graphistes).
» disponible chez Amazon

Le petit interview intempestif de : MARY CHAPLIN
par Jean-Paul Gavard-Perret

 


Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? 
Vivre …

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?  
Je ne suis pas parvenue à trouver l’échelle assez longue qui m’aurait permis d’atteindre les nuages. Souvent,  je rêvais que vautrée dans leur délicate texture blanche, je me laissais  porter au gré du vent vers de merveilleuses contrées. Puis le vent arrêtait son voyage, me laissait  tomber   dans un pays imaginaire où je vivais des aventures extraordinaires……  J’ai néanmoins réalisé mon rêve de 13 ans. .. Visitant la Nationale Gallery de Londres lors d’un voyage scolaire, je suis restée bouche bée devant un immense tableau impressionniste de  taille impressionnante  où  le peintre avait exprimé la splendeur de l’été. Plus qu’un tableau : c’était ma prairie ! Celle-là même où j’avais passé les  doux étés de mon enfance. C’était mon quotidien à la campagne qu’un peintre avait mis sur une grande toile et j’y entrais de tout mon être. C’était merveilleux, magique et j’ai pensé très fort : « moi aussi un jour je serai magicienne et je capturerai l’âme de ma prairie pour la déposer sur la toile afin que tous les gens entrent dans mon tableau comme dans un univers merveilleux ».

A quoi avez-vous renoncé ?
La vie est faite de choix, choisir c’est renoncer et comme au quotidien  faire des choix  est une obligation, il faut un jour ou l’autre renoncer et surtout trop souvent avoir à faire des choix. Je pense aussi qu’être  artiste oblige, au renoncement  à une forme de sécurité,  enfin je parle pour moi…

D’où venez-vous ?
Je viens d’un très joli village de la Picardie Maritime, je suis née entre marécages et mer, de parents qui sont nés dans cette même région. Où que j’aille, je ne peux vivre loin de l’eau…et la nature reste essentielle à ma recherche d’équilibre et de création. 

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ? 
J’ai du plaquer une grande partie de ‘j’étais’  pour maintenant ‘être’…

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Je n’ai pas croisé pour l’instant quelqu’un qui a une démarche similaire à la mienne mais au fond quelque soit le chemin choisi, je pense que nous sommes simplement des êtres humains .Donc identiques et à la fois si différents ! A part ça,  vous Jean-Paul, vous sauriez  certainement mieux  répondre à cette question !

Où travaillez vous et comment?
Je travaille dans mon petit atelier mais par manque de place mes toiles squattent une grande partie de la maison… Je préfère les grands formats posés sur le chevalet. J’aime faire corps avec la toile, la caresser, la griffer mais surtout m’y perdre, m’y évader, je dialogue avec elle, je l’écoute, je prends ce qu’elle m’offre et ne m’arrête pas à ce que je lui donne. … La musique m’emporte dans mes voyages de création, aide à la déconnexion…

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
De l’opéra, de la musique classique,  sacrée, une préférence pour Bach, Beethoven, Elgar et bien d’autres…  Le rock qu’il soit : hard, progressif, country, mouvement Punk aussi, etc…: Deep Purple, Iron Butterfly,  Pink Floyd, Robby Wyatt, Brian Eno, , Neil Young, Bob Dylan,  Blondie, The Clash…….en ce moment je me régale d’une redécouverte : ‘Pictures at the exhibition’ de ELP.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
J’aime relire surtout des recueils de poésies.  J’aime les mots, leurs musiques, me laisser emporter par l’ivresse des rythmes.  Une préférence pour : « Tristesse de la lune » et « Une charogne » de Baudelaire …entre bien d’autres de lui et d’autres auteurs….

Quelles taches ménagères vous rebutent le plus ?
Je n’aime pas les tâches ancillaires mais aimant la propreté je n’ai pas le choix…Je préfère aller au jardin y cueillir quelques roses dont les effluves suaves investiront  la maison…

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
Il y en a beaucoup que j’admire, contemporains ou non. Je me sens proche des artistes de l’abstraction lyrique, de l’orphisme. J’aime Soulages, paradoxalement Denise Lioté, les Delaunay, Estève, Manessier, mon ami E.Willems… Je peux m’émouvoir devant une toile de Sorolla, de Bonnard, un pastel de Millet, autant que devant une  œuvre de Pollock  je n’ai pas de préjugés, en art comme en musique  j’ai des coups de cœur très éclectiques…

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Deux semaines au soleil, sur une île à la végétation luxuriante, habitée d’oiseaux sauvages, entourée d’une mer bleue noyée dans un ciel bleu, ou j’aurais à répondre à la stricte obligation de  ne rien faire … sauf de me ressourcer en contemplant la nature !

Que défendez-vous ?
Je défends mon métier (eh oui !). La liberté enfin ma volonté de liberté car la liberté n’étant qu’une illusion, nous sommes seulement libres dans notre volonté à être libres.  L’environnement dans les gestes du quotidien …et d’autres causes qui croisent mon chemin… 

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?
C’est à mon avis un problème cornélien ! Aimer c’est faire un don de soi : donner ! Mais que donne-t-on ? Il n’y a pas de mode d’emploi, pas d’école pour apprendre à aimer alors au final donne-t-on ce que l’autre attend ?Donne-t-on le ‘bon amour’ si ‘bon amour’ il y a ?
L’amour c’est souvent dans la passion, chercher en l’autre ce que l’on ne possède pas. Vient alors une certaine forme de volonté de s’accaparer de ce que  l’autre est, donc de tout ce que nous ne sommes pas. « Cet amour d’acquisition » de l’autre peut être fusionnel mais doit certainement vite s’essouffler. L’autre n’a pas forcément envie d’être possédé.
Notre vie, notre éducation nous ont formatés sur des principes mais nous ne sommes pas des points fixes ancrés sur la ligne du temps, nous sommes en perpétuel changement et nos besoins en amour se modifient ainsi que changent les  attentes de l’autre, c’est pourquoi entre l’amour donné et l’amour reçu il peut y avoir un abîme. Aimer c’est simple et évident enfin ça devrait l’être  mais à la fois c’est souvent si compliqué ! Et ce qui était peut-être vrai hier l’est peut-être moins aujourd’hui, alors c’est un perpétuel jeu de cache-cache qui néanmoins s’il parvient à dépasser le stade de la passion qui détruit peut aussi faire grandir. Y a-t-il un amour heureux ?

Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?"
On peut voir je crois deux aspects de cette citation : dire non c’est devoir justifier, un oui n’implique pas de justification, il est simple ouvert, positif. Le ‘Non’ amène à un autre positionnement donc systématiquement à une source de conflits, de divergences, d’explications, à un débat…Dire oui pour ne pas contrarier l’autre… 
Aussi le second sens peut amener à faire sentir une forme de mépris, la présence de l’autre se définit alors telle  une excuse à se faire valoir en proclamant : « oui ! ».