Mary Sue - Exposition La Permanence (2011)
Galerie Rabouan Moussion
voir chronique ici


Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".
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Le petit interview intempestif de : MARY SUE
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Mary Sue – et conformément à son esthétique et à son nom sans nom – a modifié à dessein la formulation des questions.

Qu'est-ce qui la fait lever le matin ?
Le devoir qui l'appelle et une furieuse envie de se coucher moins bête le soir.

Que sont devenus ses rêves d'enfant ?
Des objets de dissection quotidienne. Ils sont conservés bien au chaud dans ses poches entre les billes gagnées à la récré et les emballages de bonbons qu'elle collectionne. Elle les sort régulièrement pour ne pas les oublier, avec précaution et des gants blancs pour ne pas les salir.

A quoi a-t-elle renoncé ?
A grandir évidemment.

D'où vient-elle ?
Elle vient d'un mélange complexe de nature et de culture, comme tout le monde.

Qu'a t-elle reçu en dot ?
Un bagage vide qui se remplit ou se vide au fur et à mesure que la marionnette se livre sans retenue au grand jeu de l'existence.

Qu'a-t-elle dû "plaquer" pour son travail ?

Nom, prénom, date de naissance… Mmmmh, seriez pas de la police vous des fois ?
Mary Sue est son travail, alors, à moins d'arrêter de respirer, rien.

Un petit plaisir - quotidien ou non ?
D'accord !

Qu'est-ce qui la distingue des autres artistes ?
Facile ! Le fait qu'elle ne parle pas à la première personne du singulier.

Où travaille-t-elle et comment?

Mary Sue vit et travaille, en boucle, en couleur et en stéréo. Elle a un laboratoire classé top secret où tout ce qui lui passe entre les mains et dans la tête est minutieusement analysé, répertorié, détourné.

Quelles musiques écoute-elle en travaillant ?
Une symphonie en La mineur assez peu connue, jouée par l'orchestre des flyin'fly ou la bande son de Sleep de Warhol. Elle est de nature curieuse et distraite, le moindre bruit la déconcentre.

Quel est le livre qu'elle aime relire ?
Le Traité de l'idiotie, annoté au point de devoir bientôt en acheter un nouvel exemplaire…

Quels films la font pleurer ?

Tous, Mary Sue est constituée à 99,9 % d'eau de rose, c'est dans sa composition. Son top 3 serait :

- Rocky 3 pour cette phrase culte et criante de vérité de Mickey : « Rocky, il t'est arrivé ce qui peut arriver de pire à un boxeur…Tu t'es EMBOURGEOISé ». (valable uniquement pour l'artiste).

- Blanche Neige lorsqu'elle s'est aperçu que le prince était déjà réservé.

-Dolls de Kitano, parce que ses pantins sont traités avec une justesse qui l'a rendu jalouse.

Quand elle se regarde dans un miroir qui voit-elle ?
Quelqu'un qui lui ressemble, qui ressemble à quelqu'un, qui ressemble à quelqu'un, qui ressemble à quelqu'un qu'elle a déjà vu.

A qui n'a-t-elle jamais osé écrire ?
A Elise parce que ça a déjà été fait.

Quel(le) ville ou lieu a pour elle valeur de mythe ?
Pas de ville, pas de lieu, et donc surtout pas de mythe.

Quels sont les artistes dont elle se sent la plus proche ?
Proche, c'est difficile à dire et peut paraître assez vite prétentieux, mais elle affectionne tout particulièrement la famille des artistes qui utilisent l'humour comme une arme de questionnement massif.
Par exemple, l'impertinence de Maurizio Cattelan, notamment les œuvres telles que « la nona hora », « Bidididobidiboo » qui l'émoustille au plus haut point. Elle pourrait encore citer Delvoye, Closky. Elle aime aussi les pirates comme Banksy ou les travaux anciens mais très engagés de Kulik…

Qu'aimerait-elle recevoir pour son anniversaire ?
Quel anniversaire ?

Que défend-elle ?
Le droit à l'impertinence et bien sûr à la liberté d'opinion.

Que lui inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?
La forme affirmative est typiquement psychanalytique… La dramaturgie obsessionnelle avec laquelle les psychanalystes enferment le genre humain dans des principes pseudo-universels est à pleurer de rire.

Enfin que pense-t-elle de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?"
Absolument ! Match point pour Woody !