Le maître d'amour
Nja Mahdaoui

Nourri de spiritualité universelle et de culture arabe, Nja Mahdaoui, artiste tunisien dont les œuvres ornent musées et lieux publics du monde entier, rend ici un très bel hommage à Ibn Arabi. L'immensité océanique de l'œuvre d'Ibn Arabi (1165-1240), surnommé dans la tradition soufie " le plus grand des maîtres ", se concentre tout entière autour d'un mot, un seul mot qui habite chacun de ses poèmes et de ses traités mystiques : amour. Amour sensuel des amants tendus vers l'union parfaite ; amour universel des êtres, qui, au-delà de toutes leurs différences religieuses, culturelles ou sociales, se rejoignent dans l'Unité transcendante ; amour à la fois douloureux et lumineux de l'âme en quête de son Bien-Aimé divin... Avec la complicité de son ami écrivain Rodrigo de Zayas, qui évoque ici la vie du " Maître d'amour ", Nja Mahdaoui nous fait revivre l'un des sommets de la culture méditerranéenne. Dans cet hymne pictural à l'Unité, la splendeur des ors le dispute à la maîtrise d'une géométrie sacrée, la puissance du trait contemporain bouleverse l'art traditionnel des arabesques, et la lettre, dépouillée de toute signification immédiate, nous livre son mystère à travers la forme pure.
» Amazon


Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière... ... » la suite




Le petit interview intempestif de : NJA MAHDAOUI
par Jean-Paul Gavard-Perret

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

Le réflexe instinctif inhérent à la préciosité des premières lueurs matinales, c’est à dire de la vie dans son éclosion ordinaire.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?

Mes rêves d’enfant n’ont pas subi d’échaudage malgré la stratification du mémorable, c’est  plutôt la diffraction de certains éléments et la métamorphose à la fois des objets et des lieux qui m’entourent qui ont changé d’aspect… En plus des êtres chers qui ont disparus.

A quoi avez-vous renoncé ?

À mon obstination d’avoir tenté de convaincre les êtres radicalement révulsifs à toute innovation humaine constructive.

D’où venez-vous ?

D’un “point méridien“ inextricable au sens de l’humain et du raisonnement sociétal.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?

C’est plutôt en arpégeant les sens vitaux de la vie,  par opposition radicale à toute forme de “plaquage“, que j’ai toujours orienté ma conception de la création artistique. 

Un petit plaisir - quotidien ou non ?

La danse  

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?

Cette caractéristique de différenciation et de subdivision endémique ne m’a jamais traversé l’esprit. Car ce qui compte le plus  pour moi,  c’est l’effort individuel d’explorer  mes propres ressources créatrices, afin de défier l’inaction soliloque, en vue de créer une   symbiose ouverte sur l’universalité des cultures.

Où travaillez vous et comment?

J’ai toujours œuvré là où je vis au quotidien, c’est à dire que je travaille sur les lieux du partage existentiel, en famille, sans délimitation temporelle entre l’espace créatif lié à la territorialité fonctionnelle de l’atelier, en harmonie avec le restant de ma demeure.   

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?

Je travaille souvent dans le grand silence, mais lorsque l’envie d’écouter de la musique m’interpelle, je porte mon choix sur les moments forts de certaines partitions de grands maîtres qui ont contribué à façonner ma sensibilité créatrice, tels que J.S.BACH, Wagner,   Verdi, Gustav Mahler, Antonio Vivaldi, Henry Purcell, Tchaïkovski, Falla, Vincenzo Bellini, ainsi que divers chants liturgiques, Chœurs  des Moines, Chants de méditation spirituelle Soufie des maîtres Orientaux… En plus des musiques du Monde… Amérique Latine, Afrique profonde, Asie, et toute la gamme de la musique classique savante du Monde Arabe et d’Andalousie… Et bien sûr les recherches modernes de Stokhausen, Sati et Olivier Messian entre autres…

Quel est le livre que vous aimez relire ?

Les Mille et une Nuits et les trilogies monothéistes.

Qui voyez-vous lorsque vous vous regardez dans votre miroir ?

Tout dépend dans quel angle je me place en direction d’un miroir… Mais lorsqu’il m’arrive de m’auto-observer, lors des obligations quotidienne, mon regard se préoccupe plus du coulissement de ma pensée intérieure que de ma physionomie reflétée.

Quel lieu a valeur de mythe pour vous ?

Immanquablement P E T R A, du côté de la Mer Morte …

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?

Joseph Mallord William TURNER, Antonio GAUDI, Michel Ange, Andreï Roublev, Paul Klee, Kandinsky… Beuys… l’École d’Al-Wassiti.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Une Rose et un calendrier imaginaire…

Que défendez-vous ?

La parole JUSTE

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas" ?

Bien sur, du point de vue de son étude magistrale relative à la problématique du MIROIR ; Lacan laisse entrevoir la force de la mémoire active et du dédoublement. Toutefois, tout en respectant ce point de vue du signifiant/signifié, j’adhère à l’idée du sens existentiel qui est lié à la subjectivité du désir, que seul le langage sait transmettre.

Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?".

D’un regard strictement culturel et en raison de la véritable signification du concept OUI, je constate qu’ici l’affirmation immédiate ou plutôt l’approbation systématique prononcée  du OUI, relèverait d’une attitude à connotation philosophique, laquelle indique bien un OUI/NON cher aux mystiques orientaux.