GRANDS MAITRES : Francisco de GOYA


Repères

1746 - Naissance de Goya
1769 - Voyage d'étude en Italie
1786 - Au service de Charles III
1800 - la Maja nue
1814 - Dos de mayo
1828 - Décès de Goya

Goya
auto-portrait



Bien que Goya n'ait jamais joué à proprement parler de rôle politique en Espagne, ses fonctions officielles à la Cour et ses amitiés ont éveillé en lui un sens nouveau de ses responsabilités d'artiste face à une société en pleine mutation d'abord, puis en complète décomposition. Mais ce sont surtout les deux grands événements politiques de son temps, la Révolution française et l'entrée des armées napoléoniennes en Espagne, qui vont profondément bouleverser sa vie et son oeuvre.
Depuis le 2 mai 1808 jusqu'à sa mort à Bordeaux en 1828, Goya vivra intensément ces vingt années de guerre, de persécutions et de souffrances de tout un peuple. Directement - jusqu'à inscrire au bas d'une des planches des Désastres de la Guerre le fameux « Je l'ai vu » - ou indirectement, tout ce qu'il crée, peintures, gravures ou dessins, en sera marqué. Témoin de son temps, sans aucun doute, jusqu'à en devenir même l'accusateur.
Ces rapports entre Goya et son époque pourraient être envisagés dans un déroulement chronologique continu divisé en sept grands «temps»: * Le temps des maîtres * Le temps des plaisirs et des jeux * Le temps des protecteurs et de la Cour * Le temps des amis et des lumières * Le temps de la guerre et des persécutions * Le temps de l'absurde * Le temps des exilés
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Goya
La tempête de neige (vers 1787)
esquisse pour tapisserie



Goya
Charles IV et sa famille (1798)



Goya
Saturne dévorant un de ses enfants (vers 1820)


Cette oeuvre est une des Peintures noires de Francisco Goya.
Ce tableau réfère à la mythologie grecque, où Saturne a pour nom Cronos. Alors qu'Ouranos empêchait Gaïa d'accoucher des Titans en la pénétrant sans relâche, son fils Cronos prit une arme et trancha le pénis d'Ouranos. Ouranos jeta sur lui une malédiction : lorsque le fils de Cronos atteindra l'âge adulte, il se retournera contre son père. Pour prévenir ce renversement, Cronos dévorait tous les enfants dont accouchait Rhéa.

Peintures noires (Pinturas negras) est le nom donné à une série de quatorze fresques de Goya peintes avec la technique de l’huile al secco (sur la surface de plâtre d’une paroi) pour décorer les murs de sa maison, appelée la Quinta del Sordo («ferme du Sourd»).
Francisco José de Goya y Lucientes, est né en 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse.

A 14 ans, son père, maître doreur, le place comme apprenti chez un peintre local, José Luzan. Quelques années plus tard il tente sans succès d'entrer à l'Académie San Fernando de Madrid. Goya quitte alors l'Espagne pour la France, puis l'Italie. Il est à Rome en 1771. En avril, il participe au concours de peinture de l'Académie de Parme ; il obtient six voix mais pas de prix. Il rentre en juin à Saragosse où, grâce à ses appuis familiaux, il reçoit sa première commande de peintre pour décorer le plafond d'une chapelle. Terminée en juillet 1772, cette fresque ouvrit la voie à d'autres commandes du même genre.

En 1773, il épouse Josefa, la sœur de Francisco Bayeu, un peintre réputé de l'époque. Il aura plusieurs enfants avec elle mais tous moururent en bas âge, à part l'un d'entre eux : le second, Francisco-Javier.

En 1775, Goya s'établit à Madrid. Toujours protégé de Bayeu, il travaille pour la Manufacture des Tapisseries Royales de Santa Barbara. Ayant obtenu l'autorisation de graver les œuvres de Velázquez, Goya réalisa des aquatintes bientôt remarquées par Charles III qui le prend à son service en 1786. Pendant ces années il réalisera quelques-uns des plus beaux portraits de ses proches, des membres de la cour ou de personnages en vue.

Durant l'hiver de 1792, alors qu'il était en visite dans le sud de l'Espagne, Goya contracta une maladie qui le laissa presque totalement sourd. Cette surdité infléchit dès lors profondément le sens de son inspiration. S'il continua à peindre la société madrilène dans ses aspects les plus pittoresques, il s'attacha de plus en plus à exprimer, dans un style tour à tour dramatique et moqueur, sa révolte contre l'oppression.

C'est au tournant du siècle que Goya réalisa ses plus fameux chefs-d'œuvre. Parmi ceux-ci, il faut inclure plusieurs commandes royales, telles que la coupole de la chapelle royale de San Antonio de la Florida, à Madrid ou le célèbre portrait de groupe de La famille de Charles IV (1798). Il est alors à l'apogée de sa carrière et devient Premier peintre de la Chambre en 1799. Il travailla également pour l'ambitieux Godoy, dont il immortalisa la maîtresse sous les traits de la sulfureuse Maja nue (1800). Mais ce point culminant de la carrière de Goya est aussi marqué par une grande déception : Los Caprichos, un recueil de gravures à l'eau-forte et à l'aquatinte publié en février 1799, sont censurés sous la pression de l'Inquisition.

L'invasion française de 1808 joua un rôle crucial dans la vie de l'artiste. Favorable aux idées libérales apportées par les Français mais blessé dans son patriotisme, Goya hésita en effet pendant un certain temps entre la résistance incarnée par la Junte centrale de Séville et les idées de 1789 portées par le roi Joseph, frère de Napoléon Ier. L'année 1810, pendant laquelle il commença à graver Les Désastres de la guerre, un réquisitoire féroce contre les exactions françaises, tout en réalisant le portrait de Joseph Ier, montre bien le tiraillement qu'il ressentit alors et qui lui valut, quelques années plus tard, une réputation d'afrancesado. En juin 1812, Josefa Bayeu, son épouse, mourut à l'âge de 65 ans. Deux mois plus tard, Wellington fit son entrée dans Madrid. Goya réalisa alors le portrait de celui qui avait vaincu les Français, manifestant ainsi son rejet de l'occupant français et son ralliement à la légitimité nationale (et, surtout, libérale) incarnée par les Cortes et le Conseil de régence de Cadix. Ainsi, quand ces dernières institutions décidèrent d'organiser un concours pour commémorer l'insurrection madrilène du 2 mai 1808, Goya s'empressa de proposer de « perpétuer par le moyen du pinceau les plus notables et héroïques actions de notre glorieuse insurrection contre le tyran de l'Europe ». C'est ainsi que l'artiste peignit les célèbres Dos et Tres de Mayo.

Le retour d'exil de Ferdinand VII allait cependant sonner le glas des projets de monarchie constitutionnelle et libérale auxquels Goya adhérait. S'il conserva sa place de Premier peintre de la Chambre, Goya s'alarma de la réaction absolutiste qui s'amplifia encore après l'écrasement des libéraux par le corps expéditionnaire français en 1823. Inquiété par l'Inquisition pour avoir peint la Maja nue de Godoy, frappé à nouveau par la maladie, écœuré par la politique réactionnaire de son souverain de maître, Goya fixa ses angoisses et ses désillusions dans les fameuses "Peintures noires" dont il décora les parois de la "maison du sourd" (située dans les environs de Madrid et achetée par le peintre en 1819).

Ce contexte sombre explique pourquoi Goya, prétextant un voyage de santé, quitta l'Espagne le 24 juin 1824 pour s'installer à Bordeaux, lieu d'exil d'autres afrancesados. Il y fut bientôt rejoint par sa compagne Leocadia Weiss et la fille de celle-ci, Rosario (qui était probablement la propre fille de Goya, ce dernier ayant vécu avec Leocadia depuis 1813). C'est dans cet exil français (ponctué de quelques séjours en Espagne) qu'il réalisa un recueil de lithographies sur le thème de la tauromachie intitulé Les Taureaux de Bordeaux (1825) et faisant suite aux estampes de la Tauromachie parues en 1816.

Goya meurt à Bordeaux à l'âge de 82 ans le 16 avril 1828.





Goya
Maja nue (1800)




Maja habillée)



Goya
Dos de mayo (1814)
huile sur toile 268 × 347 cm Musée du Prado
Dos de Mayo est, avec Tres de Mayo, le plus célèbre tableau du peintre espagnol Francisco Goya. Ce tableau, peint en 1814, est également appelé La Charge des Mamelouks. Il représente une scène ayant lieu le 2 mai 1808 à Madrid, lors d'une révolte contre Joseph Bonaparte, frère de Napoléon Bonaparte. Celui-ci, pour envahir le Portugal, avait occupé l'Espagne en 1808, contraint le roi d'Espagne à abdiquer, puis donné son trône à son frère Joseph, qui devient alors roi d'Espagne (sous le nom de Joseph I). Sur ce tableau, les insurgés espagnols s'attaquent à des Mamelouks, des mercenaires égyptiens combattant aux côtés de l'armée française. Les Espagnols sont à terre alors que l'armée française est sur de grands chevaux ce qui montre encore l'inégalité. Cette révolte est écrasée dans le sang par l'armée d'occupation. Il faut noter que Goya n'a pas assisté à une scène telle que celle-ci : il l'a peinte d'après des témoignages qu'il a entendus à ce sujet. Il a ainsi voulu rendre hommage aux résistants espagnols.

Goya
Tres de mayo
huile sur toile 345 × 266 cm - Museo del Prado
Au centre du tableau, on peut lire la terreur sur le visage de l'homme en blanc. Ses yeux ne quittent pas les fusils des soldats, tueurs anonymes dont on ne distingue pas le visage. Il a les bras ouverts, comme un crucifié, un martyre. Pour accentuer la position christique de l'homme, Goya a placé sur sa main droite un stigmate, signe chrétien de la crucifixion. Au premier plan, un homme à terre baignant dans son sang rappelle le prix payé par le peuple de Madrid.

détail de la main du supplicié

Toute la peinture est dans les sacrifices et les partis pris
Goya

Les oeuvres de Goya à Madrid
Musée du Prado


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Goya
Francisco Bayeu (vers 1790)



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El Pelele (1791)



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Le duc d'Albe (1795)


Goya
Los Caprichos -n°53 (1799)


Goya
Senora Sabasa Garcia (vers 1810)


Goya
La laitière de Bordeaux (1827)


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