Le néo-impressionnisme de Seurat à Paul Klee : un vrai ouvrage de référence exceptionnel par un collectif d'auteurs de premier plan.
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Seurat nait en 1859 à Paris dans une famille aisée ce qui lui permettra de ne pas avoir le souci de vendre ses oeuvres.
Son père, huissier de justice, est un homme solitaire et taciturne qui vit
dans sa résidence d'été au Raincy et qui ne rend visite qu'une fois par semaine le mardi à sa femme
et à son fils boulevard Magenta à Paris.
Georges fut de ce fait très proche de sa mère qui sut lui donner
son affection ainsi qu'à ses deux aînés. Il fut très tôt initié à la peinture
par son oncle maternel Paul Haumonté-Faivre, marchand de tissus et peintre amateur.
En 1877, il s'inscrit aux Beaux-Arts.
Il est très influencé par Rembrandt, Francisco Goya et Pierre Puvis de Chavannes, ainsi que par Ingres, dont son
professeur, Lehman avait été un disciple. Ses études sont interrompues par son service militaire qu'il effectue
à Brest, où il réalise de nombreuses esquisses de bateaux, de plages et de la mer.
A partir de 1880, Seurat passe encore deux années entières à étudier le dessin en noir et blanc,
ne commençant ses premières vraies toiles qu'en 1882.
Il s'intéresse principalement à des peintres qui ont privilégié la construction dans leurs oeuvres
comme Corot, Millet, et surtout Puvis de Chavannes (1824-1898), peintre d'esprit symboliste.
Il s'ouvre aussi aux théories des impressionnistes ainsi qu'aux recherches chimiques qur les couleurs.
Après plusieurs expériences avec son ami Signac, il met au point la technique divisionniste :
elle consiste à appliquer sur la toile de petits points de couleur pure (jaune, bleu et rouge)
pour obtenir les diverses tonalités sans perdre de luminosité. Il
prendra la tête du néo-impressionnisme (ou pointilliste),
qui réunit entre autres Paul Signac, Henri-Edmond Cross,
Charles Angrand, Maximilien Luce et pendant un certain temps Camille Pissarro.
Seurat n'est pas un homme sociable et, au cours de la dernière année de sa vie, il coupe pratiquement tous les
liens avec ses amis.
Le peintre réside à Gravelines, où il fait une série de paysages et met en projet son tableau Le Cirque
qu'il montre inachevé au huitième Salon des Indépendants.
Il meurt subitement, pendant l'exposition, à l'âge de 31 ans, d'une angine.
Pour réaliser ce grand tableau de 2m x 3m, Seurat fera pendant des mois des dessins et des esquisses.
de la Seine et de ses berges, des arbres, des personnages ...
Puis il composera son oeuvre avec précision et rigueur à partir de toutes ces études.
Tel un architecte il structurera l'espace de sa toile et veillera au moindre détail.
On est donc tout surpris de constater que cette démarche très cartésienne débouche sur une oeuvre subtile,
empreinte de grande poésie et d'où se dégage calme et sérénité.
La Baignade sera proposée au Jury du Salon des Artistes Français qui... la refuse.
Par contre 2500 peintures académiques seront acceptées...
Un dimanche après-midi à
l'Île de la Grande Jatte est un des tableaux le plus important de Seurat. Dans cette composition, les contrastes de l'ombre et de la lumière sont admirablement
répartis dans l'espace. Le tableau donne une atmosphère de dignité monumentale, à travers l'arrangement équilibré
des éléments et des figures.
Ce tableau est estimé à environ 35 millions d'euros.
L'art, c'est l'harmonie. L'harmonie c'est l'analogie des contraires, l'analogie des semblables, de ton, de teinte,
de ligne, considérés par la dominante et sous l'influence d'un éclairage en combinaisons gaies, calmes ou tristes.
- Georges Pierre Seurat
Avec "Paysannes au travail", on peut percevoir l'influence de Millet, et le désir de Seurat de
synthétiser un moment où sont réunis dignité du travail, fruits de la récolte et communion avec
la nature. Seurat y innove déjà sur le plan pictural par des touches de couleur pure hachurées en croisillons.
Dans l’arène blonde du cirque Fernando, devenu aujourd’hui
le cirque Médrano, une écuyère danse sur un cheval blanc, un acrobate
fait un saut périlleux tandis qu’un clown, au premier plan, tire une draperie.
Les arabesques et les sinuosités des courbes de la piste où s’agitent les acteurs
contrastent avec la rigidité horizontale des gradins, avec les spectateurs
en alignement figé. Cette œuvre reste inachevée, Seurat n'ayant pas pu la terminer avant sa mort.