GRANDS MAITRES : Henri de TOULOUSE-LAUTREC


Repères

1864 - Naissance de Toulouse-Lautrec
1884 - Installation à Montmartre
1891 - La goulue au Moulin rouge
1901 - Décès de Toulouse-Lautrec


photographie de Toulouse-Lautrec

Toulouse-lautrec
J. Sagné

Un corps d'adulte sur des jambes d'enfant, une tête énorme hérissée d'une barbe folle ont dessiné de Lautrec l'image d'un faune de la Grèce antique. Artisan de la mythologie contemporaine, celle d'un Paris du plaisir et de la fête, lui-même n'a cessé de faire référence à la légende. Pitreries, pieds de nez, facéties, irrévérences ponctuent une existence fantasque, une vie inventée qui a valeur d'oeuvre et se déroule comme un gigantesque happening. A trente-sept ans, l'alcool, la volupté et le travail triomphent de cette force de la nature. A Bordeaux, où il passe l'hiver 1900-1901, Lautrec est terrassé par une crise: " Je me nourris de noix vomique, écrit-il à Joyant, l'ami d'enfance devenu directeur d'une galerie de peinture, aussi Vénus et Bacchus me sont barrés. " Rares sont les peintres qui se sont imposés si vite et avec une telle autorité. Or, peu d'individus ont provoqué un si grand nombre de réactions haineuses. Sans doute sa physionomie inspirait-elle répulsion et dégoût, mais le rejet violent de ses contemporains s'explique autant par la remise en question des valeurs morales qu'exprime sa peinture que par l'aspect monstrueux de l'homme. L'homme est banni, calomnié: son histoire renvoie à celle de la marginalité et de l'exclusion. Pour vivre sa différence, il a dû provoquer, bousculer les idées reçues. Mais il n'a pas hésité non plus à se faire violence, à retourner le miroir sur lui-même et à se caricaturer sans complaisance. En prenant appui sur ces multiples points de vue, Jean Sagne redonne au destin et à l'oeuvre de Lautrec leurs véritables dimensions.
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En 1891, les rues de Paris se couvrent d'une affiche pour le Moulin Rouge, au style radicalement différent des compositions habituelles. C'est le peintre Toulouse-Lautrec qui fait ainsi descendre l'art dans la rue. En moins de dix ans, avec ses audaces de mise en page, son goût de la synthèse et des contrastes de couleurs, le peintre s'affirme comme l'un des maîtres de l'affiche artistique. Parmi les plus célèbres, il y a celles qui vantent les plaisirs de la nuit, Le Moulin Rouge, Aristide Bruant, Le Divan Japonais, mais aussi celles réalisées pour des revues d'art comme La Revue blanche ou The Chap Book, ou encore les publicités pour Sescau, son ami photographe, ou les cycles Simpson. « C'est épatant de volonté, de toupet et de rosserie », s'enthousiasmait le critique Félix Fénéon. Toutes montrent en effet que Lautrec n'avait pas son pareil pour manier la ligne et simplifier les formes, les faire spirituelles, élégantes ou tristes, toujours décoratives.
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L'œuvre, rien que l'œuvre. Cela doit suffire. Mais, avec Henri Toulouse -Lautrec, comment laisser l'homme de côté, comment ne pas mêler sa vie, son existence même à son travail d'artiste ? L'un et l'autre s'enchevêtrent au point de ne faire qu'un. Et s'attarder sur les peintures, les dessins et les lithographies -essentielles -en oubliant ce personnage unique et haut en couleur serait une erreur, même si nous connaissons tout -ou presque- de son quotidien de peintre et de débauché. Sans oublier le Paris de cette fin du XIXe siècle, avec ses ateliers d'artistes, ses cabarets et lieux de débauche où Lautrec vibrait aux côtés d'un Aristide Bruant sulfureux, d'une " Goulue " ensorcelante et de filles de joie émouvantes qu'il a su immortaliser.
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Henri de Toulouse-Lautrec, naît en 1864 à Albi dans la demeure familiale de l'hôtel du Bosc. Il est le fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa et d'Adèle Tapié de Celeyran. Ses parents, cousins germains, descendaient en droite ligne des comtes de Toulouse, qui furent jusqu'au XIIIe siècle parmi les plus puissants féodaux du royaume.

Les parents d'Henri se séparèrent cependant assez tôt et il fut élevé par sa mère. Pendant son enfance, le petit aristocrate albigeois se livre aux passe-temps de son rang : le cheval, la chasse, le dessin.
En 1878, puis en 1879 , deux fractures des jambes, dues à la maladie osseuse congénitale dont il est atteint, arrêtent définitivement sa croissance. Sa taille ne dépassera pas 1m44 et son physique restera ingrat toute sa vie. Bien que fort intelligent, il avait en outre quelques difficultés d'élocution.

En 1881, après son baccalauréat, il décide de devenir artiste. Ce qui n'était qu'un loisir devient une passion : il dessine et peint, et ne lâchera plus crayon ni pinceau.
Soutenu par son oncle Charles et René Princeteau, ami de son père et peintre animalier, il finit par convaincre sa mère. Il entre dans l'atelier de Bonnat, puis de Cormon à Paris.

Dans sa jeunesse les chevaux constituaient pour lui un sujet habituel. Depuis l’enfance il aimait l’équitation et devoir y renoncer à cause de sa maladie fut pour lui quelque chose de très douloureux, et c’est pourquoi il décida de continuer à faire vivre dans ses œuvres sa passion pour les chevaux.

Cependant, en 1884 il s'installe à Montmarte et, s'éloignant rapidement de tout académisme, il trouve d'autres thèmes de prédilection. En effet à Montmartre, il fréquente tous les lieux de plaisir et de fête. Danseuses, prostituées, acteurs et actrices deviennent ses modèles, ses figures ; Henri de Toulouse Lautrec est en effet avant tout l'un des plus remarquables portraitistes de tous les temps, et à travers le milieu marginal qui l'inspire, le témoin sensible et l'observateur sans concession de la nature humaine. Travailleur infatigable, il se passionne également pour la lithographie et réalise des affiches, des programmes pour le théâtre.
Il entre dans le milieu de la Revue Blanche et devient familier des frères Natanson, de Tristan Bernard et Romain Coolus.
N’ayant pas besoin d’exécuter des œuvres sur commande, Lautrec choisissait des sujets qu'il connaissait bien ou des visages qui l’intéressaient et, comme il fréquentait des gens de toute sorte, ses tableaux couvrent une vaste gamme de classes sociales : nobles et artistes, écrivains et sportifs, médecins, infirmières et figures pittoresques de Montmartre. Beaucoup de ses tableaux montrent des prostituées parce qu’il les considérait comme des modèles idéaux pour la spontanéité avec laquelle elles savaient se mouvoir, qu’elles fussent nues ou à moitié habillées. Il peignait leur vie avec curiosité, mais sans moralisme ni sentimentalisme et, surtout, sans chercher à leur attribuer le moindre caractère fascinant.

Deux des femmes bien connues qu’il a représentées étaient la chanteuse Yvette Guilbert, et Louise Weber, plus connue comme La Goulue, danseuse excentrique qui créa le « cancan ».

A la fin des années 1890, son goût pour l'alcool menace sa santé : à la suite d'une crise plus violente, sa mère le fait interner en février 1899 dans une clinique de Neuilly afin qu'il soit désintoxiqué. Les journaux s'emparent de cet épisode pour condamner un peu plus encore un personnage qui semblait hors normes à ses contemporains.

Il meurt à 37 ans en 1901 au château de Malromé, propriété de sa mère, la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec. Celle-ci, avec l'aide et le soutien de Maurice Joyant, ami d'enfance du peintres, son protecteur et marchand de tableaux, inaugure en 1922 le Musée Toulouse-Lautrec à Albi.


Toulouse-Lautrec
Au salon de la rue des moulins (vers 1894)

Toulouse-Lautrec
Au Moulin Rouge (vers 1892/1893)

Toulouse-Lautrec
Dans le lit (1893)

Toulouse-Lautrec
La troupe de Mlle Eglantine (1896)


TROUPE DE Mlle EGLANTINE : avec trois amies, Eglantine, Cléopatre et Gazelle, Jane Avril va tenter en 1897 l'aventure londonienne. Elle demande à Lautrec de réaliser l'affiche de la troupe dont le succès en Angleterre sera éphémère. Le peintre invente un nouveau style en dessinant une lithographie représentant les danseuses en enfilade, toutes lancées dans le même mouvement, mais dont chacune est un portrait bien distinct des autres.

Toulouse-Lautrec
La Chaïne Simpson (1896)


Spoke possède un petit magasin où il vend la chaîne Simpson, grande nouveauté de la démultiplication. Lautrec assure le lancement et représente, à l'arrière-plan, le père Simpson à gauche et Louis Bouglé à ses côtés.


Je boirai du lait quand les vaches brouteront du raisin
Henri de Toulouse-Lautrec

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Toulouse-Lautrec
Le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec
conduisant un attelage à quatre chevaux (1881)




Toulouse-Lautrec
La goulue au Moulin Rouge (1891)




Toulouse-Lautrec
Yvette Guilbert (1894)




Toulouse-Lautrec
La Goulue et la Mome Fromage
au Moulin Rouge





Toulouse-Lautrec
Aristide Bruant aux Ambassadeurs




Toulouse-Lautrec
Femme qui tire son bas (1894)






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