Mouvements artistiques

Figuration narrative


La Figuration narrative :
Des années 1960 à nos jours
de Jean-Louis Pradel

Forgée dans le Paris des années 1960, en opposition à l'abstraction qui domine alors la scène artistique et en réponse au Pop art américain, la Figuration narrative n'a jamais constitué une avant-garde structurée. Les peintres qui s'y rattachent - Rancillac, Télémaque, Monory, Saul, Klasen, Arroyo, Adami, Erro, Fahlström, Fromanger, Cueco, des collectifs tels qu'Equipo Cronica ou les Malassis - brisent avec insolence les bonnes manières, non sans dérision et autodérision, pour inventer un art de peindre au présent, à hauteur d'homme, qui bouscule les références ou les hiérarchies culturelles obligées. Avec l'ambition de décrypter un monde accablé de représentations affligeantes, ils affûtent leur manière de peindre au contact du cinéma, de la bande dessinée et de la publicité, dont ils recyclent l'énergie et détournent les usages. La Figuration narrative offre ainsi au regard une peinture à dimension politique et, aux images, cette part de l'intelligence du monde qui attise le désir de voir.

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Bernard Rancillac - Che Guevara

Le mouvement de la Figuration narrative est né en 1964, à l’occasion d’une exposition voulue par deux peintres, Bernard Rancillac et Hervé Télémaque, désireux d’offrir une alternative aux diverses abstractions qui dominaient alors la scène artistique internationale. D’autres artistes rejoignirent rapidement les premiers acteurs : Fromanger, Cueco, Arroyo, Adami…

Plus de quarante ans après le coup d’envoi, la Figuration narrative est entrée dans l’histoire de l'art. De nombreuses expositions sont organisées régulièrement qui démontrent l’importance de ce courant de la peinture dans la deuxième moitié du XXe siècle.

La figuration narrative est rattachée généralement à la nouvelle figuration ou au pop art, mais avec moins d'idéologie et plus de traitement de l'anecdote. Parmi ses inspirations (cadrages, montages) on compte la bande dessinée, la photographie, la publicité, le cinéma, en fait, l'ensemble des images du quotidien. Les thèmes des œuvres sont également souvent rattachés aux scènes du quotidien et à des revendications sociales ou politiques.

 

Artistes représentatifs : Monory, Rancillac, Télémaque, Saul, Klasen, Arroyo, Adami, Erro, Fahlström, Fromanger, Cueco, des collectifs tels qu'Equipo Cronica ou les Malassis

 


Ceux qui connaissent le slogan mythique de la ‘Marmite’ d’outre-Manche connaîtront sans doute aussi la sensation crispante que produit cette abominable pâte à base de levure lorsque l’on se la met sous la dent. La figuration narrative, c’est pareil : ça surprend, ça décape et ça rebute les uns pour le bonheur des autres. Somme toute, cette expression figurative née de l’éclectisme idéologico-culturel des années 1960 n’a pas sa langue dans sa poche, et ça dérange. Parce qu’elle flirte avec le "Low Art" et cultive le mauvais goût avec ses couleurs criardes et ses recyclages vulgaires d’iconographie populaire. Parce qu’elle met franchement une société de consommation en crise sur le banc des accusés, sans pour autant en énoncer le jugement. Parce qu’elle prétend "raconter" mais ne produit finalement que des semblants d’anecdotes, dénués de déroulement narratif. Trop longtemps restée à l’ombre du pop art malgré leurs différences, elle fait une nouvelle apparition aujourd’hui pour mieux froisser les esthètes, au rythme d’idéaux obsolètes dont la mélodie grinçante perce avec stridence les refrains postutopiques. A prendre ou à laisser, la figuration narrative a le mérite d’assumer ses contradictions et de ne faire aucune place à l’indifférence.

Tania Brimson

 

Peinture et photographie : Pop art, figuration narrative, hyperréalisme, nouveaux pop
de Jean-Luc Chalumeau

Du pop art aux " nouveaux pop ", en passant par l'hyperréalisme et la figuration narrative, plusieurs mouvements picturaux ont utilisé la photographie comme fondement de leur création.

Ils ont fonctionné à partir de la photographie, non pour représenter le " réel ", mais en la prenant en tant qu'objet de la représentation. Parce qu'ils représentent une image du réel, ces mouvements ne sont donc pas vraiment réalistes. Cette histoire commence au début des années 1950 et se poursuit de nos jours : celle de la naissance et de l'épanouissement d'un nouveau type de relation entre la peinture et la photographie.

Cette histoire n'a été que partiellement étudiée jusqu'ici. Elle méritait une approche globale. A travers 150 œuvres commentées, Jean-Luc Chalumeau présente dans cet ouvrage les origines et l'évolution de ces mouvements et nous permet ainsi de mieux les appréhender.

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