STYLES et MOUVEMENTS ARTISTIQUES
MANIÉRISME


Après le sac de Rome par les troupes du Saint Empire romain germanique en 1527, le Manièrisme, aussi nommé Renaissance tardive, fait la transition avec le mouvement baroque. Parti de Rome, il s'épanouit dans toute l'Italie puis se répand en Europe, en particulier en France avec un foyer à Fontainebleau. Il persiste jusqu'à la fin du XVIème siècle.

Le terme Manièrisme vient de l'italien "maniera" qui signifie façon (de peindre) ou style, on en trouve les prémices dans l'œuvre de Michel-Ange.
Fascinés par les grands maïtres: de Vinci, Michel Ange, Raphaël, les artistes italiens les copient, s'écartant de la nature. Cette source d'inspiration va générer une expression étrange et artificielle qui fait écho au déclin politique et économique en Italie et aux attaques contre la papauté.

L'art maniériste s'adresse à des amateurs lettrés issus d'une société épicurienne et précieuse. L'inspiration de la Renaissance fournit aux Maniéristes un répertoire de formes et d'attitudes réduites à l'état de formules. Le dessin joue un rôle essentiel et s'éloigne de plus en plus de la traduction du réel, et le trait, soumis aux lignes de construction du tableau, étire les figures en longueur, les animant d'une douceur mélancolique ( la morbidezza). Une lumière lunaire et souvent fantastique met en valeurs des accords de couleurs souvent grinçants.

Giuseppe Arcimboldo restera un des manièristes célèbres avec ses portraits suggérés par des fruits, des végétaux ou des animaux astucieusement disposés.

Artistes représentatifs :
Rosso Fiorentino, Pontormo, Parmigianino, Il Bronzino, Le Greco, Giorgio Vasari, Giuseppe Arcimboldo,Jules Romain, Le Primatice


Agnolo Bronzino
François Ier de Médicis
Le Greco
Saint Luc (autoportrait)

Jacopo da Carucci Pontormo
la visitation

Giuseppe Arcimboldo
Eté (1563)


Parmigianino
Portrait de jeune homme

Giorgio Vasari
Lorenzo de Medici (le magnifique)


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Le maniérisme : Une avant-garde au XVIe siècle
de Patricia Falguières



Fresques de Fontainebleau ou de l'Escurial, jardins Boboli, monstres de Bomarzo ou grottes de la villa Borromée sur le lac Majeur sont les hauts lieux du maniérisme. Redécouvert au début du XXe siècle, le maniérisme, souvent confondu avec la Renaissance dont il constitue le prolongement, demeure mal identifié. On peut y reconnaître une avant-garde avant la lettre, comme le démontre avec brio Patricia Falguières. Une avant-garde triomphante puisque le maniérisme fut à l'origine du premier grand style international depuis le gothique. À partir de Fontainebleau (son foyer central avec Florence et Rome), il étend son emprise sur l'Europe du XVIe siècle. Partout images et formes recyclent, durant près d'un siècle, les modèles inventés par Rosso, le Parmesan, le Primatice... Au cœur de cette aventure, un héros inattendu, Michel-Ange - figure tutélaire d'une génération de jeunes artistes indisciplinés. Tout à la fois excentriques géniaux et techniciens exceptionnels, individualistes forcenés et compétiteurs féroces, ils vont forger le langage artistique de l'Europe moderne, réinventer les règles du grand décor, populariser la figure de l'artiste génial. Ils ont aussi accrédité l'idée que l'art n'est pas seulement une question de savoir-faire, mais d'idée et de génie .


L'auteur:
Patricia Falguières est membre de l'École française de Rome. Agrégée et docteur en histoire, elle enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales l'histoire de la philosophie et de l'art de la Renaissance et, à l'École des beaux-arts de Bordeaux, l'histoire et la théorie de l'art. Elle a étudié à Pise avec Paola Barocchi, spécialiste incontestée du maniérisme. Elle est l'auteur de nombreux articles sur la dialectique, la technique et la philosophie de la Renaissance, et publie régulièrement sur l'art contemporain.


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