Syles et mouvements artistiques
La PREMIÈRE RENAISSANCE


Le Quattrocento (15ème siècle en italien) voit l'émergence en Toscane de ce qu'il est convenu d'appeler la "Première Renaissance".
Les recherches dans les domaines de la perspective et des proportions, la conception nouvelle du portrait comme représentation de l'individu et les débuts du paysage sont les grandes innovations de cette période. On passe d'une conception théocentrique du monde, qui prend donc le divin pour référence, à une image anthropocentrique du monde où l'homme et la nature sont au coeur des nouvelles préoccupations des artistes.

En 1401, le concours, remporté par Ghiberti, pour la deuxième porte en bronze du baptistère de Florence est considéré comme l'acte fondateur de la Renaissance artistique. Ghiberti sera, avec Donatello, l'un des initiateurs d'un renouvellement de la sculpture permettant la représentation naturelle d'un grand nombre de figures composant des scènes d'une spatialité jusqu'alors inconnues. Ils emprunteront également à l'antiquité. Ainsi Donatello fera revivre la statue en pied qui distingue le côté de la jambe d'appui, tendue et le côté de la jambe libre détendue.

Le rejet de l’époque gothique par les acteurs de la Renaissance ne doit cependant pas être exagéré. Ils retiennent de Giotto son dessin unificateur, de Giovanni Pisano une plastique exaltée au service de la narration, et d’Arnolfo di Cambio ses recherches architecturales globalisant volume et décoration. Certains s'attachent d'ailleurs à défendre la tradition byzantino-gothique, comme Gentile da Fabriano, formé à Venise (l’Adoration des Mages, 1423, galerie des Offices, Florence). De même, à l’instar de Masaccio, des artistes pourtant considérés comme les plus renaissants, continuent d’employer le fond d’or (Crucifixion du polyptyque du Carmine de Pise, 1426, museo nazionale di Capodimonte, Naples).

Alors qu'au XIVe siècle, le traitement de l'espace et du corps s'appuie avant tout sur des valeurs empiriques, à partir de 1420 on explore les lois qui les régissent (perspective, proportions) et de nombreux traités donnent des outils théoriques à la pratique. Ainsi, Alberti présente la théorie la plus approfondie de la perspective renaissante dans son traité De Pictura (De la peinture, 1425). Les oeuvres de Masaccio de cette période seront significative de cette évolution.

A la fin des années 1430, certains comme Fra Angelico s'attachent à doter la peinture sacrée d'une valeur humaniste, d'autres comme Uccello construisent des univers de fantasmes logiques.

Après le milieu du siècle, on assiste à des transformations stylistiques dans tous les genres artistiques, transformations qui sont marquées par les signes nombreux d'une "regothisation" : - le grand "jaillissement" qui caractérise les premières décennies du siècle - représentation convaincante du corps, de l'espace et du paysage dans leur manifestation globale - est suivi de la minutieuse élaboration du détail dans le domaine du rendu exact des corps, de l'environnement architectural et du paysage. Le moyen approprié est la ligne et non le modelé des grandes formes. (Fra Filippo Lippi, Luca Signorelli...).
Piero della Francesca s’interroge sur les raisons d’une telle diversité de formes, alors que les motivations sont communes à tous. Il se met en quête d’un système de peinture universel, synthétique, susceptible d’unifier les oppositions formelles et de proposer un modèle reproductible. La foi qu’il place dans la capacité des mathématiques à rationaliser la perception du monde se retrouve à l’évidence dans la Flagellation du Christ (v. 1453-1460, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino), l’un des exemples les plus éclatants de l’emploi d’un théorème dans la peinture. Naturellement, cette perfection du système était, selon lui, à l’image de la perfection divine.

Plus tard Sandro Botticelli proposera sa vision du beau idéal avec des oeuvres comme le célèbre Printemps (vers 1480, galerie des Offices, Florence) dont les références mythologiques ne sont accessibles qu'à l'élite de son époque.

Artistes représentatifs :
Peintres : Masaccio, Masolino, Uccello, Donatello, Fra Angelico, Veneziano, Fra Filippo Lippi, Andrea del Castagno, Piero della Francesca, Gozzoli, Sandro Boticelli, Domenico Ghirlandaio, Lorenzo Ghiberti Luca Signorelli, Le Pérugin (maître de Raphaël, il dirige les travaux de la fresque de la Chapelle Sixtine en 1480), Pinturicchio (un des plus grands peintres de fresques de la Renaissance),Verrocchio Andrea Mantegna, etc.
Sculpteurs : Filippo Brunelleschi, Michelozzo, Leon Battista Alberti, etc.


Fra Filippo Lippi
Vergine in Adorazione


Andrea del Castagno
Pippo Spano (vers 1450)


Masolino Da Panicale
La tentation (vers 1427)


Sandro Botticelli
Printemps (Primavera) - vers 1480

Donatello
David (vers 1430)




Masaccio
de Umberto Baldini

Malgré le nombre restreint de ses oeuvres, Masaccio, mort à l'âge de vingt-sept ou vingt-huit ans, incarne une étape capitale dans l'aventure de la peinture toscane, et particulièrement celle qui eut Florence pour scène, relayant ainsi l'héritage de Giotto et répondant en écho à la démarche de Donatello, son ami et protecteur, comme à celle de Brunelleschi. Connu avant tout comme le peintre de la chapelle Brancacci, en l'église Santa Maria del Carmine, où il travailla en compagnie de Masolino, Masaccio se manifesta avant tout comme un novateur et l'introducteur du naturalisme en peinture, autant que comme le codificateur d'une nouvelle esthétique de la perspective et du refus de l'ornement anecdotique. C'est cette quête autant artistique qu'intellectuelle que relate Umberto Baldini, qui fut associé à la restauration de la chapelle Brancacci, dans le cadre d'un essai liminaire puisant dans ses écrits antérieurs et faisant appel aux analyses d'un grand nombre d'historiens de l'art, dont ce volume forme une sorte d'anthologie critique.


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L'oeil du quattrocento
de Michael Baxandall



Histoire sociale et histoire de l'art ne font qu'un : c'est ce qu'après tant d'études qui ne se sont intéressées qu'à la signification propre de l'œuvre d'art, ou à sa signification purement sociale, illustre admirablement Michael Baxandall, historien anglais, sur l'exemple de la peinture italienne de la Renaissance. A quelle demande exacte répondaient Masaccio, Filippo Lippi, Andrea del Castagno ou Fra Angelico ? De quel sens leurs œuvres étaient-elles chargées, et comment les regardaient leurs destinataires et leurs commanditaires ? C'est à ce type de questions que répond l'auteur en analysant le marché de l'art, à travers les contrats, les correspondances et les registres de comptes. En montrant aussi comment les dispositions visuelles nées de la vie quotidienne, religieuse, sociale ou commerciale de l'époque sont devenues des éléments déterminants du style du peintre. Retrouver l'œil du Quattrocento, c'est rafraîchir le nôtre.

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Fra Angelico
de Etienne Beissel



Le peintre Fra Angelico est l'un des premiers à utiliser les techniques de la perspective proposées par Leon Battista Alberti. La représentation du mouvement, l'emploi de la couleur et l'expression des visages pour souligner la grâce et l'émotion font de lui l'un des peintres majeurs de la première Renaissance. A travers de magnifiques illustrations, Etienne Beissel souligne, par une analyse artistique et biographique, le talent de cet artiste qui sut peindre comme nul autre l'âme chrétienne et qu'André Malraux considérait comme étant le peintre de la rupture, entre l'art sacré médiéval et celui naissant de la Renaissance.

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