Styles et mouvements artistiques
SYMBOLISME


Le Symbolisme est un mouvement littéraire et artistique qui apparaît à la fin du XIXème siècle. En peinture il prolonge le Pré-raphaélisme mais avec une sensibilité exagérée et une propension au mysticisme.

Les Symbolistes ne peignent pas fidèlement l'objet, contrairement aux réalistes et aux naturalistes, mais recherchent une expression qui évoque un monde idéal et fait la part belle aux états d'âmes. Ils rejettent le positivisme, la technique (la photographie) et le matérialisme cultivant le paraître ( Dandysme) et la provocation. Les Symbolistes s'inspirent des oeuvres littéraires du passé (mythologies, légendes...) mais aussi des oeuvres contemporaines.

A la recherche de la plus grande harmonie esthétique, ils s'enrichissent d'expériences plastiques variées: tachisme, flou, formes vacillantes, travail sur la matière, alliant la précision du dessin à l'effacement du coup de pinceau... Les symboles permettent d'atteindre la réalité supérieure de la sensibilité.

Artistes représentatifs :
Pierre Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Gustav Klimt, Gustav-Adolf Mossa, Odilon Redon, Fernand Khnopff, James Whistler, Alphonse Osbert, Arnold Böcklin, Ferdinand Hodler
Edward Munch, Félicien Rops,Arnold Böcklin, Ferdinand Hodler




AllPosters
Pierre Puvis de Chavannes
Pauvre pêcheur (1881)

Sans trompe-l'oeil, Puvis entendait donner une vision complète du dénuement et de la résignation en peignant un père veuf et ses deux enfants dans un paysage désolé. Le choix du pêcheur tient évidemment aux résonances bibliques du thème. En 1881, le caractère synthétique du tableau, son refus du modelé et de la perspective traditionnelle, son camaïeu verdâtre, dressèrent la plupart des critiques contre l'artiste. L'écrivain Huysmans compara le tableau aux images de missel et aux vieilles fresques sans éclat ni profondeur. En revanche, certains artistes de la génération montante, de Seurat à Gauguin et Maurice Denis, pour ne pas parler de Picasso, devaient s'enthousiasmer pour le dépouillement extrême, poignant de cette image silencieuse. Puvis devenait l'éclaireur de la nouvelle peinture.

source : Musée d'Orsay
Gustave Moreau
L'apparition (1874 - 1876)

Dans l'un de ses thèmes préférés, “Hérodiade”, Gustave Moreau relata un événement mis en poème par Stéphane Mallarmé. Salomé remet à sa mère, Hérodiade, la tête de Saint Jean-Baptiste décapité sur l'ordre d'Hérode, tétrarque de Galilée.
Sur la toile du musée Gustave Moreau, les principaux protagonistes de la scène disparaissent dans la pénombre (Hérode assis sur son trône, Hérodiade à sa droite et l'eunuque ou peut être le bourreau à l'arrière plan, appuyé sur son épée). Seule Salomé et la tête décapitée de Saint Jean apparaissent dans la lumière.
Gustave Moreau emprunta à la fois l'expression du clair-obscur à Rembrandt et de la couleur à Delacroix pour donner à l'oeuvre tout son mystère. L'atmosphère lourde du tableau est rendue par les couleurs rouge sombre et dorées. L'intensité lumineuse contribue à lever le voile sur un monde inconnu.




Librairie Arts-up
en association avec Amazon

Le Symbolisme
de Rodolphe Rapetti


Innervant les arts et les lettres entre les vingt dernières années du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, le courant symboliste contient en germe de nombreux aspects de l'art moderne, de l'abstraction au surréalisme. En révolte contre une époque marquée par le positivisme, il est essentiellement un art de l'idée et de la subjectivité, où se combinent quête de la modernité et recherche délibérée d'archaïsme. Se nourrissant de la pensée philosophique des romantiques allemands, de la théorie baudelairienne des " correspondances " et de l'idée wagnérienne d'art total, il tend à une unité intemporelle entre l'homme et le monde, unité perdue qui ne sera retrouvée que dans l'évocation du mythe. Les préraphaélites anglais, Gustave Moreau, Puvis de Chavannes, comptent parmi les figures tutélaires de ce mouvement et nombre des personnalités les plus novatrices de cette période - Gauguin, Redon, Ensor, Munch ou Hodler, mais aussi Burne-Jones, Böcklin, Khnopff et Klimt - figurèrent dans ses rangs. Cette grande synthèse présente le symbolisme sous un jour neuf et met en relief les particularités du contexte intellectuel européen dans lequel il s'est développé. Les innovations formelles de la fin du XIXe siècle, du cloisonnisme à l'usage de la couleur inobjective, y sont analysées en profondeur.

> disponible sur Amazon