R
 

Song Zhuang : la plus grande communauté d’artistes du monde
Les artistes français y sont aussi présents : Sylvie KAPTUR GINTZ


Song Zhuang, dans le district de Tong Zhou, en banlieue est de Pékin.
Ici vivent des milliers d'artistes dans le contexte fantastique voire surréaliste du boom que connait l'art contemporain en Chine. Les artistes sans le sou y cotoient les nouvelles stars de l'art mondial qui vendent leurs tableaux plusieurs milliers de dollars. Dans les rues ou sur les trottoirs, de misérables paysans, souvent les anciens habitants du village, proposent nourriture et boissons à des prix dérisoires. Song Zhuang c'est à la fois Barbizon et Greenwich Village à la sauce et à la dimension chinoise. Un mélange étonnant de vieilles maisons traditionnelles et de nouvelles batisses, de calme campagnard et d'effervescence. Mais pas encore d’embouteillages, pas de centres commerciaux, pas de foule.

Tout a commencé avec l'arrivée d'une poignée artistes d'avant garde au début des années 1990, expulsés pour nombre d'entre eux de Yuanmingyuan, le légendaire premier village d’artistes, dans le quartier des universités de Pékin, que le gouvernement chinois venait de raser. Ensuite tout est allé très vite. Les quatre premiers arrivants (Fang Lijun, Liu Wei, Zhang Huiping ,Wang Yin qui ont aujourd'hui une quarantaine d'années et sont mondialement connus) ont été rejoints par des dizaines, puis des centaines et maintenant des milliers d'artistes. Le village est devenu la plus grande communauté d’artistes du monde. On y touve aujourd'hui encore des artistes d'avant-garde mais aussi des artistes plus conformistes. Tous les styles sont présents et toutes les disciplines : peinture, sculpture, photographie, gravure, multimedia, design, etc.
Beaucoup de ces artistes sont fauchés et vivent d'expédients mais pas tous.
Car sur le marché international de l'art, c'est aussi l'irruption de l'art chinois contemporain. Depuis trois ans environ, l’art actuel chinois atteint des sommets dans les salles de vente internationales. Par exemple les portraits énigmatiques de Zhang Xiaogang dépassent régulièrement le million de dollars chez Christie’s. Les "Déplacés des Trois Gorges" de Liu Xiaodong s'est vendu à 2,2 millions d’euros, etc.
Mais on raconte aussi d'autres histoires comme celle de ce Singapourien venu deux jours à Songzhuang : il a raflé tous les tableaux, une trentaine, d’un jeune peintre sortant des beaux-arts pour 1000 dollars, et les a revendus vingt fois plus cher à l’étranger en assurant que c’était la nouvelle valeur montante.

La ville a compris tout le parti qu'elle pouvait tirer de ce phénomène. Après avoir été réticente et méfiante vis à vis de ces artistes difficiles à controller, elle met en place à présent d'immenses infrastructures à vocation culturelles et notamment des musées ou des centres d'art contemporain.
Les artistes étrangers commencent également à s'installer à Song Zhuang et beaucoup d'autres viennent présenter leur travail le temps d'une exposition temporaire.






source Sylvie Kaptur Gintz
Parmi ces artistes on citera Sylvie KAPTUR GINZ venue exposer au Sunshine Museum avec onze autres artistes à l'occasion des fêtes de la pleine lune (voir photos ci-contre à gauche et voir affiche ci-contre à droite).

Sylvie Kaptur Gintz

Chez Sylvie Kaptur Gintz, la nécessité de créer est une évidence car dit-elle souvent, « l’acte de peindre est étroitement lié aux notions de naissance et de renaissance ». Car le monde, ou plus exactement, « l’être au monde », est une naissance sans cesse renouvelée, porteuse de mémoire, d’identités, d’histoires individuelles et d’histoires collectives. Et c’est avec cette curiosité insatiable pour ce monde-là, et cette présence au monde, que la plasticienne nous invite à pénétrer au cœur de son travail, à la rencontre d’un univers coloré, sensible, humain.

Dans un monde aujourd’hui dominé par la suprématie de l’image médiatique doublée d’un empire du « zapping », il apparaît salvateur et nécessaire pour l’artiste d’obliger au temps de pause (de pose), au temps irréductible de la contemplation de l’œuvre, au temps qu’il faut pour se laisser imprégner, submerger par l’image fixe et unique, dans laquelle le mouvement, la fluidité, vient de la vision, de l’imagination, de la sensibilité du spectateur. Elle entend lui rendre le temps de devenir acteur de sa vision, de comprendre, de ressentir. Comme si, à force de passivité face aux images mobiles et évanescentes de la télévision, de la vidéo, il redevenait urgent de se réapproprier le sens de l’image. Soudain, contrairement à ce que disait le critique Pierre Restany, la peinture n’est plus cette « lutte d’arrière-garde » face au déferlement du Web, du numérique, du virtuel, mais au contraire le lieu du ressaisissement du monde.
Ce temps retrouvé, c’est aussi pour l’artiste le temps de la création, de la préparation des objets de ses installations, des toiles montées sur les châssis, des pigments à mélanger pour préparer les couleurs…un aspect matériel important pour cette artiste qui se dit aujourd’hui encore malhabile de ses mains.

Dans tous les travaux de Sylvie Kaptur Gintz, d’une manière ou d’une autre, on retrouve, fils rouges ténus mais cohérents, le rapport à la terre, à l’univers, notre lien physique au monde. Mais aussi la question de la perception de l’intangible, de l’invisible. L’artiste, semble-t-il, entretient un rapport particulier avec la réalité, dans lequel sa conscience est plus souvent happée par le fugitif que par la présence évidente des choses. Sa peinture semble nous enjoindre de regarder le monde d’un peu plus près si l’on veut y découvrir la poésie et le merveilleux qui y subsiste malgré tout.
La peinture de Sylvie Kaptur-Gintz n’est pourtant pas tendre. Peu intéressée par les canons de la beauté formelle, elle entend faire passer l’émotion autrement que par la séduction plastique immédiate.
Pour autant, très clairement, il ne s’agit pas pour l’artiste de faire œuvre moralisante, d’imposer un discours. La toile est une invite, un miroir tendu, un appel chuchoté pour que le spectateur y trouve quelque chose de lui-même, des ressources nouvelles, des images inexplorées, une émotion laissée en jachère et qui ressurgirait à la faveur d’une couleur, d’une forme, d’une histoire qu’il se raconterait.


Le travail de Sylvie Kaptur Gintz ne relève pas donc tant de l’autoportrait psychologique que d’une réflexion sans cesse nourrie sur l’existence humaine ; au travers de ses séries, c’est l’histoire, petite et grande, de l’humain qui nous est conté, le chemin qu’il se fraye dans la nature ou parmi les autres hommes.
Avec une indéracinable foi en la vie, l’artiste nous livre un monde au langage universalisable, parce que sensible tout autant qu’intellectuel. Sa peinture, ses installations sont, dit-elle, faites de la même dualité dont est fait le monde, oscillant entre réflexion et émotion. Rien n’est gratuit sans être trop lourdement signifié, tout prend sens sans être trop didactique. L’idée puise dans l’émotion, indispensable vecteur esthétique, les moyens et la force de se réaliser. Ainsi s’équilibre le travail de l’artiste, entre questionnement et sensibilité.

Marie Deparis - critique d'art - janvier 2007



"Execution" de Yue Minjun
tableau vendu 2,93 millions chez Sotheby's







Art contemporain chinois
de Michel Nuridsany



C'est son formidable dynamisme qui caractérise l'art contemporain chinois et aussi sa jeunesse, son énergie, sa vitalité, son humour. Cette scène peu et mal connue, Michel Nuridsany nous la fait découvrir dans des textes alertes et complices, informés aux meilleures sources : les artistes eux-mêmes. La Chine, il y va depuis 1996, visitant les ateliers, fréquentant les artistes dont beaucoup sont devenus des amis, assistant aux biennales et aux évènements les plus considérables de ces dernières années, spectateur privilégié des transformations qui ont propulsé cet art au premier rang sur la scène internationale. En parfait accord, Marc Domage a photographié les œuvres, les artistes, mais aussi les ateliers, les appartements, (environnement les vernissages, les galeries, les musées, les rues, les gens. Bref, voici la scène artistique chinoise comme si vous y étiez. Vous découvrirez ici l'effervescence de la fin des années 1970 avec le groupe des Étoiles, le Pop Politique et Cynique des années 1980 et 1ggo, le Gaudy Art et l'émergence ironique et heureuse de la toute jeune génération qui s'exprime à travers la performance, la vidéo et les jeux vidéo. En 30 artistes, 30 ans d'art contemporain chinois.

> disponible sur Amazon

Les onze artistes français ayant participé à l'exposition du Sunshine Museum de Pekin à l'occasion des fêtes de la pleine lune.
  • Anne Marie Boyer
  • GregBot
  • Guillaume Delorme
  • Inka
  • Iris
  • Jenkell
  • Laurent Vermeersch
  • Lydia Corbeau
  • Metcuc
  • MS Jeanne
  • Sylvie Kaptur Gintz

Devenir partenaire
Exposer sur Arts-up

... en savoir plus