Tribune libre

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La grande falsification : L'art contemporain
de Jean-Louis Harouel

Le néant artistique abusivement appelé art contemporain est la lointaine suite de la crise de la peinture déclenchée par le progrès technique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sous l'effet de cette crise, la religion de l'art inventée par le romantisme s'est trouvée privée de sens. La délirante sacralisation de l'artiste par la philosophie allemande, qui lui conférait le statut de voyant, de messie, de philosophe, a basculé au XXe siècle dans l'absurde, le dérisoire, voire l'abject. Tel est le prétendu art contemporain: une religion séculière de la falsification de l'art, où l'adoration de l'art a fait place à celle du soi-disant artiste, et où l'œuvre d'art se trouve remplacée par n'importe quoi pourvu qu'il ne s'agisse pas d'art. Aussi bien tout cela est-il aujourd'hui très vieux. Dès les débuts du XXe siècle, les figures les plus radicales des avant-gardes avaient été au bout de la logique du remplacement de l'art par n'importe quoi. Tout ce qui s'est fait depuis dans ce sens n'est qu'une fastidieuse rabâcherie. Né de la volonté politique de la classe dirigeante américaine au temps de la guerre froide, le succès mondial du prétendu art contemporain est à beaucoup d'égards un accident de l'histoire. Il n'en reste pas moins que l'aberrant triomphe de cet ersatz d'art renvoie les sociétés occidentales actuelles à leur profonde déculturation.

l'auteur

Agrégé des Facultés de droit, diplômé de Sciences Po, Jean-Louis Harouel est professeur à Paris II. Auteur d'une douzaine de livres, il a notamment étudié en juriste l'histoire de l'État, de l'administration et de la ville. Par ailleurs, il est l'un des meilleurs connaisseurs de la pensée du grand économiste Jean Fourastié (Productivité et richesse des nations, Gallimard, 2005). Il est en outre spécialiste de sociologie de la culture

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ART CONTEMPORAIN
par Bernadette MORA

ART CONTEMPORAIN

 

J’ai pris ma vieille bicyclette
Assortie d’une trottinette
Les ai peintes en rose bonbon
Pour faire une INSTALLATION.

J’ai peint sur une grande toile
Un petit ver et une étoile
Tout le reste étant noir et gris.
J’ai rajouté une souris.

J’ai photographié une vache
Bien abritée sous une bache
Sur laquelle j’avais écrit
Que tout va mal, de mal en pis.

J’ai pris une poignée de clous
Une serrure, un vieux verrou,
Que j’ai posés sur une planche,
Recouverts de peinture blanche.

J’ai contemplé mes créations,
En me caressant le menton,
Très satisfaite de moi-même,
Espérant que d’autres les aiment.

J’ai donc pensé en les voyant,
Qu’elles méritaient certainement,
Ces œuvres très originales
Qu’on les voie dans une biennale.

 

Bernadette MORA


Bernadette Mora

Née à Auch en 1938, Bernadette Mora a fait ses études à l'Université de Poitiers.
Ancien ingénieur d'études au CNRS et
spécialiste de l'épigraphie médiévale, elle est aussi une artiste reconnue qui expose au niveau international et dont les oeuvres sont présentes dans des collections privées de collectionneurs de nombreux pays (France, USA, Grande-Bretagne, Japon, etc.).

 

 

 

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